le krach boursier

 

 

00 ecr (2).jpg Le krach de février 2016 d'où vient-il, pourquoi maintenant? Quel rôle a joué la conjoncture géopolitique - baisse du pétrole, Chine, moyen-orient? Quelle est la responsabilité des grands fonds? Y a-t-il d'autres facteurs pour expliquer les mouvements erratiques des cours? 

   

Pourquoi la hausse, pourquoi la baisse des cours ...

l'environnement économique et politique

C’est l’option choisie par les commentateurs professionnels (radios, journaux, télévision), et on peut comprendre pourquoi. Jour après jour, il leur faut expliquer la cause des 1% de hausse ou des 2% de baisse.

 

Heureusement, il y a toujours dans l’actualité du moment des événements porteurs d’inquiétude ou d’espoir. Il suffit de citer celui qui correspond le mieux au mouvement de la bourse que l’on cherche à expliquer. « Les marchés s’inquiètent de…, les marchés se réjouissent de … ».

 

Peu importe que l’inquiétude – ou l’espoir - de la veille soient effacés le lendemain.. Peu importe qu’un même événement soit tour à tour utilisé pour expliquer une hausse ou une baisse. Quoi qu’il arrive, le commentateur se doit d’avoir une réponse. Les meilleurs dans cet exercice se trouvent dans les grandes banques. C’est très important : la banque veut toujours rassurer les clients.

 

Les commentateurs n’ont pas tort de se référer à l’actualité - le ralentissement chinois, les événements du Moyen-Orient, la chute des prix du pétrole - mais il n’ont pas raison pour autant, en ce sens que l’actualité n’est qu’un facteur parmi d’autres pour expliquer le mouvement des cours de janvier 2016.

 

Il ne faut pas négliger ces analyses, car elles nourrissent ce qu'on appelle les prophéties auto-réalisatrices. Lorsqu'un grand nombre de personnes sont persuadés que tel ou tel événement va faire bouger les cours, les cours bougent effectivement dans le sens annoncé. Tout se passe comme si ce qui est annoncé était réel.

 

En fait ce ne sont pas les événements qui font varier les cours, mais les ordres de ventes ou d'achat. Les liens entre l'actualité et ces ordres de vente ou d'achat, certes probables ne sont jamais sûrs.

 

 

les grands fonds d'investissement 

Les fonds d'investissements se nourrissent de la volatilité des cours. Le rêve de tout gestionnaire est  donc d'anticiper, ou mieux encore, de provoquer une évolution des cours dans un sens ou dans l'autre de manière à en profiter.  

 

Deux éléments attestent du rôle des fonds dans la volatilité des cours. Le premier est l'évolution symétrique des indices d'une place à l'autre à un moment donné. Le DAX et le CAC40 semblent ainsi étroitement corrélés. Le cours des sociétés d'un même secteur va bouger au même moment et pratiquement dans les mêmes proportions d'un bout à l'autre de la planète. C'est le cas particulier des banques par exemple depuis l'été 2015. Le second élément est la faiblesse des volumes échangés, ce que chacun peut observer à l'issue de certaines journées mouvementées.

 

Les fonds ont ainsi les moyens de faire "bouger" les cours avec des mises relativement modestes, en utilisant l'effet de levier des achats ou vente à terme, ou mieux, avec les options de vente ou d'achat. Dans ces stratégies, les fonds se servent naturellement des événements d'actualité. Leur technique consiste à partir d'un événement précis et de susciter un mouvement "suiviste" dans le sillage de leurs initiatives.

 

exemple: pourquoi les baisses des cours du pétrole et des actions  bancaires sont liées  la chute des prix du pétrole entraîne mécaniquement la baisse des prix en général et donc présente le risque de la déflation, un danger majeur pour l'économie. Le risque est en effet que les consommateurs retardent leurs achats en espérant que les prix vont encore baisser. Pour prévenir ce risque de déflation, les banques centrales ont enclenché la baisse des taux d'intérêts, jusqu'à parvenir en territoire négatif, comme c'est le cas actuellement. Il s'agit de dissuader les agents économiques de laisser leur argent dormir et, au contraire, de le dépenser.

La baisse des taux d'intérêts présente l'inconvénient de fragiliser les banques qui font du crédit l'essentiel de leur activité, car leurs marges sont compressées. Au final, tout nouveau mouvement de baisse des prix du pétrole se traduit par une anticipation de baisse de la rentabilité des banques. L'explication avancée n'est pas si simple, mais l'important est que beaucoup d'opérateurs le croient,... ou le font croire.

Un deuxième mécanisme s'est ajouté au précédent. La chute du pétrole fragilise le secteur pétrolier. Or celui-ci s'est massivement endetté auprès des banques. Ces dernières peuvent donc pâtir des difficultés de leurs clients. Là aussi, il y a doute, et on peut le vérifier, car les banques françaises sont très peu engagées sur le secteur pétrolier. Les cours de toutes les banques ont néanmoins baissé.

Chaque fois que l'un des facteurs "taux d'intérêt  ou cours du pétrole" bouge, les opérateurs des fonds déclenchent ou amplifient la baisse des cours. Comment? Ils vendent à terme les actions des banques. En pariant sur le fait que les cours du marché seront inférieurs au prix convenu à l'origine pour les ventes à terme. Ils anticipent par conséquent de faire un bénéfice au moment du dénouement de l'opération. Ils achètent aussi des actions à bas prix, sachant qu'elle vont remonter.

En effet, dans un premier temps, les cours de toutes les banques baissent. Un mouvement correcteur se produit ensuite au cas par cas. Toutes les banques ne sont pas sensibles de la même manière à l'impact de la baisse des taux. Certaines ont une répartition de leurs activités suffisamment large pour amortir plus que d'autres l'impact d'une moindre rentabilité du crédit ou d'un secteur pétrolier fragilisé. Fort de cette connaissance, les opérateurs avisés vont racheter à bas prix les actions des banques qu'ils savent moins vulnérables.

Ce type de raisonnement s'applique à d'autres secteurs industriels. Pour être efficace, il suppose le suivi précis du business model des banques ou des sociétés concernées. Seuls les grands fonds ont les moyens suffisants pour cela.

Ce yoyo s'appelle la volatilité. La volatilité est ce qui permet aux fonds de gagner de l'argent. Les actions des banques se prêtent particulièrement au yoyo organisé car il est facile de faire croire au lien entre macro-économie et santé générale des banques. 

 

 

les fonds souverains

Comme indiqué ci-dessus, il faut garder à l'esprit que les cours sont à la base l'expression d'une offre et d'une demande.

 

Les cours baissent lorsqu'il y a plus de ventes que d'achats, et montent dans le cas contraire.

 

C'est ce qui s'est passé à plusieurs reprises depuis janvier 2016 et notamment en février. Le krach de plusieurs actions s'explique par une vente massive qui a submergé les intentions d'achats. Les banques ont ainsi perdre jusqu'à 10 pour cent et plus en une séance. Les volumes d'affaires observés alors montrent bien qu'il y avait des ventes effectives.

 

Les vendeurs étaient principalement les fonds souverains des pays les plus touchés par la baisse des prix du pétrole et notamment l'Arabie Saoudite, les pays du golfe, la Russie. Ces pays, anticipant des difficultés budgétaires importantes, agissent de manière précipitée, pour des montants importants. L'effet de sillage joue ensuite, en ce sens que les fonds se sont vraisemblablement employés à forcer la tendance à la baisse pour des rachats à bas coûts.

 

Dans le cas des banques, il est clair que ce facteur -ventes massives d'actions - s'est combiné avec l'action des grands fonds décrite précédemment. On a vu ainsi des banques françaises perdre dix pour cent et plus en une journée,... pour regagner le terrain perdu dès le lendemain.. A terme toutefois, ce genre de déséquilibre ne peut que se corriger, mais personne ne sait à quel moment précis cela se produit. On est dans l'humain, donc dans l'incertain. 

 

 

Il faut noter au passage que le high frequency trading agit plutôt comme un stabilisateur des cours à un moment donné. Cette technique consiste à profiter des décalages de fractions de fractions de millisecondes entre les ordres pour profiter des micro-écarts de cours. ... 

 

 

 

 

Un krach, boursier ou autre, est l'expression d'anticipations identiques chez l'ensemble des acteurs. La bourse existe parce qu'à tout moment, il y presque autant d'acteurs de chaque coté: les uns pensent qu'ils faut acheter, les autres pensent le contraire. Si tout le monde est du même avis, c'est le krach, en ce sens qu'il n'y a plus de marché. Pour provoquer un vrai krach, il faut un événement économique ou politique incontestable, d'une ampleur suffisante pour conduire les opérateurs à vendre le plus possible et le plus rapidement possible. Mais ce n'est pas tout, il faut aussi que les perspectives économiques soient sombres, ce qui n'est pas vraiment le cas au début de 2016.

 

Avec du recul, il s'avère que les éléments d'actualité qui ont alimenté le mini krach de février n'étaient pas vraiment avérés ou d'une ampleur telle qu'ils justifiaient des ventes durables.

 

Cela dit, il ne faut pas perdre de vue que la bourse combine le certain et l'incertain. Répétons que s'il existait une méthode rationnelle pour prévoir l'évolution des cours, il n'y aurait plus de bourse.. 

 

 

 

 

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22/01/2016