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Qu'est-ce que l'amortissement ? Le bénéfice, tout le monde "voit" ce que c'est, mais l'amortissement, c'est moins clair. Pour comprendre il faut  faire une incursion dans la comptabilité.

  

L'amortissement est un drôle de concept, c'est un concept flou. Plus précisément, son calcul est flou dans l'univers rigoureux de la comptabilité. Il y a d'ailleurs d'autres concepts de même nature, comme les provisions.

 

Cet aspect des choses n'est pas explicité aux étudiants des écoles de commerce. Le discours convenu est: l'amortissement est lié à la durée de vie, donc à l'obsolescence des investissements. Sauf que personne n'est capable de déterminer cette durée de vie avec exactitude.

 

Pour expliquer l'origine de cet objet comptable, un petit détour.

 

Exemple du boulanger Tout le monde comprend que le bénéfice est grosso modo  la différence entre les revenus et les coûts. Le bénéfice du boulanger, par exemple, est ce qui reste quand on retire du produit des ventes de pain les dépenses liées à cette activité, l'achat de farine, le salaire de la vendeuse, l'électricité, etc ...

 

Mais supposons qu'un jour le boulanger décide de changer son four. Grosse dépense, énorme dépense même, susceptible de bouleverser le calcul de son bénéfice.  Ce bénéfice va fortement diminuer, peut-être se transformer en perte l'année de l'achat, même si les ventes de pain connaissent un bel essor. Donc le bénéfice calculé de cette manière ne rendrait plus compte de la performance économique.

 

Pour se rapprocher de la réalité "économique", "on" a eu l'idée d'étaler la dépense d'investissement dans le temps. Plutôt que la considérer en totalité, cette dépense est fractionnée sur plusieurs années successives. Et pour rendre comparables les calculs de bénéfices, on a défini des durées-types par catégories d'investissements. Le critère retenu a été celui de la durée de vie estimée des investissements concernés.  "On" c'était les associations de normalisation comptables. Le fisc s'en est mêlé, puisque l'étalement change le calcul de l'impôt annuel sur les bénéfices.

 

Résultat: une mesure de bon sens, mais des interprétations multiples. Ceci explique pourquoi la plupart des entreprises ont au moins deux comptabilités, une comptabilité disons "économique" et une comptabilité fiscale. Le but n'est pas le secret ou la fraude. Cela résulte simplement des différences d'interprétations de certains concepts - par exemple l'amortissement - entre l'administration fiscale et les normes comptables. Quand on sait que les normes ne sont pas encore harmonisées au plan fiscal et que chaque fisc a ses "particularités", on imagine le casse-tête des auditeurs chargés de faire les états consolidés d'une multinationale...

 

Voyons les choses autrement. Pour calculer son bénéfice, notre boulanger applique donc la loi comptable et retire de ses ventes non pas le montant de son investissement, mais une fraction seulement, appelée amortissement.

 

C'est là que les choses se compliquent pour la compréhension. Cet amortissement ne correspond à rien de concret. Le boulanger a bien dépensé la totalité du prix du four. Pour cela il a soit puisé dans ses réserves, soit utilisé un crédit.

 

Son bénéfice calculé après soustraction d'un amortissement calculé arbitrairement ne correspond à rien de concret car l'amortissement n'est pas une vraie dépense en ce sens qu'il n'y a pas de sortie d'argent. D'où l'idée de neutraliser l'amortissement. Et de calculer ainsi un chiffre de rentabilité proche de la réalité économique, le cash-flow.

 

Le cash flow rend compte de la rentabilité de l'activité indépendamment des dépenses d'investissement.

 

Voilà c'est tout l'intérêt de la "manip".

 

L'investissement et son financement ont bien sûr affecté les finances - on dit la liquidité - de l'entreprise, mais pas la mesure de sa rentabilité (au détail près des intérêts du crédit, si crédit il y a pour financer l'investissement). Les changements de liquidité sont perceptibles dans le bilan de l'entreprise, pas dans le compte d'exploitation.........

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MAJ



13/10/2014