l'austérité

 

 

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Voulue par les uns, fustigée par les autres, l'austérité fait l'objet de profondes controverses. C'est un sujet politiquement clivant, de sorte que le discours public ne permet pas de se faire une idée claire du dossier. Le point de vue partisan obscurcit l'analyse. Or il est essentiel de comprendre avant de choisir, il faut voir ce qui est avant de déterminer ce que l'on préfère. ....

 

Les mesures d'austérité ont pour objet la réduction de la dette.  La discussion concerne principalement le principe même de cette réduction et le seuil à partir duquel la dette doit être considérée comme excessive.  Elle oppose également les partisans du désendettement immédiat  aux partisans d'un désendettement différé. 


Pour les uns il faut impérativement lancer la réduction des dépenses. Pour les autres, il faut au contraire attendre, car le maintien, voire l'augmentation de la dette doit permettre de nouveaux investissements productifs, lesquels permettront ensuite le désendettement. La controverse porte donc sur la manière d'atteindre le but plutôt que sur le but lui-même: une affaire de timing, en quelque sorte.

Plusieurs éléments sont importants pour mieux comprendre le pour et le contre de l'austérité. Le premier est le point de vue de ceux qui prêtent à la France, un sujet rarement abordé. Un point de vue pourtant crucial car ces prêteurs ont 
pour ainsi dire la main sur le robinet des crédits et le pouvoir de fixer les règles du jeu. Le deuxième élément à considérer est l'action de la BCE et, surtout, l'impact des traités européens que la France a signés.

 

 

    

 

point de vue des prêteurs les règles du jeu

l'action de la BCE un rôle protecteur (à suivre ...)

cadre européen changer les traités (à suivre ...)

pour aller plus loin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

point de vue des prêteurs  que "vaut" l'emprunteur France 

Le point de vue des prêteurs est rarement évoqué. Il est vrai que personne ne peut concevoir que la qualité d'emprunteur de la France s'effondre un jour, au point que les marchés refusent d'acheter les obligations françaises. Ce serait plutôt le contraire, pense-t-on.

 

Il y a à ce sujet une sorte d'indifférence de l'opinion, dont les causes sont multiples.

 

Cela fait plusieurs décennies en effet que la France emprunte, sans problème apparent.   Et semaine après semaine, les émissions d'obligations remportent un grand succès. La France est un pays riche, l'épargne française l'une des plus élevées au monde. La France est un emprunteur sûr, au point d'ailleurs que les taux ont considérablement baissé. 

 

 

La France a placé mardi 8 milliards d'euros dont une partie à taux négatifs

 

 

Oui le paysage général est rassurant, mais cela ne signifie pas qu'il soit immuable. Les emprunts français concernent des durées qui vont de quelques semaines à trente ans et plus, et beaucoup de choses peuvent se passer sur de telles durées. Et si les taux sont bas, très bas, c'est le résultat des mesures de la BCE, .. qui pourrait changer très vite sa politique.

 

une partie de la dette est placée hors de France

Il faut d'abord tenir compte de la structure de la dette française, dont la moitié environ est souscrite en dehors de France. Il y a une grande différence sur ce point avec le Japon, par exemple, dont la dette pourtant proportionnellement plus élevée, est plus sûre que celle de la France, car placée exclusivement auprès de prêteurs japonais, banques, assurances et fonds.  En cas de difficultés aigües, on peut concevoir que le patriotisme japonais jouerait son grand rôle et que la continuité des emprunts serait assurée. Il faut ajouter  à cela un élément positif d'importance: l'absence de risque de de change. 

 

sortie de l'euro

 

Il n'en est pas de même pour la France, et c'est là sans doute l'élément de risque majeur pour les prêteurs. Dans l'analyse du risque "France", ces prêteurs doivent tenir compte du risque de sortie de l'euro, un risque discutable mais non nul.

 

Techniquement, pour rassurer les prêteurs existants et obtenir de nouveaux prêts, il faudrait alors que la France s'engage à maintenir ses engagements en euro. La conséquence serait une augmentation immédiate des emprunts en cours de la même proportion que le taux de dévaluation de la nouvelle monnaie française. La charge de la dette en cours deviendrait insoutenable, et le taux des nouveaux emprunts monterait en flèche.

 

Il faut bien voir que besoins français sont considérables. Le montant des nouveaux emprunts annuels doit être en effet calculé en ajoutant au déficit de l'État - environ 70 milliards - le remboursement des emprunts arrivés à échéance. En clair, la France doit emprunter beaucoup plus que son déficit. 

 

En fait, dans la réalité, la simple évocation de ce scénario-catastrophe dans un contexte d'élections suffirait à provoquer la hausse immédiate des taux d'endettement français. Les marchés, comme on sait, anticipent.

 

 

 

 

 

 

 

l'action de la BCE 

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des besoins d'emprunts considérables

 

Il faut bien voir que les besoins français sont considérables. Le montant des nouveaux emprunts annuels doit être calculé en ajoutant au déficit de l'État - environ 70 milliards - le remboursement des emprunts arrivés à échéance. En clair, la France doit emprunter beaucoup plus que son déficit

 

La raison est dans la manière d'emprunter de la France, qui n'est pas celle que chacun connait dans la vie courante. Un emprunt immobilier, par exemple, est remboursé par mensualités constantes incorporant une partie "remboursement du capital" et une partie "intérêts". 

 

La France emprunte traditionnellement par "petits morceaux", sur des durées variables de quelques mois à dix, quinze ou trente ans et rembourse le capital entier en fin de la période. Comme elle n'a pas de ressources pour faire ces remboursements, elle émet de nouveaux emprunts pour rembourser les anciens ... et elle emprunte aussi pour payer les intérêts

 

une fausse sécurité

 

Depuis la création de l'euro, la France emprunte facilement, malgré l'augmentation constante de la dette. Ces emprunts, réalisés sous forme d'émissions d'obligations, remportent semaine après semaine un grand succès auprès des investisseurs. La France est un pays riche, l'épargne française l'une des plus élevées au monde. La France est un emprunteur sûr, au point d'ailleurs que les taux ont considérablement baissé. 

 

 

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Dans ce contexte, il est difficile de concevoir que la qualité d'emprunteur de la France puisse s'effondrer un jour, au point que les marchés refusent d'acheter les obligations françaises.

 

Les apparences peuvent être trompeuses. La dette française pose en effet un problème de sécurité lié à l'incertitude sur le comportement des prêteurs, c'est à dire des marchés, dans l'avenir, un aspect de la réalité rarement évoqué. Il règne à ce sujet une sorte d'indifférence de l'opinion, une indifférence que l'État ne cherche pas à corriger car le thème de la dépendance ou d'une forme de dépendance de la France à l'égard des "marchés" est un thème sensible. 

 

Oui le contexte actuel des emprunts français est rassurant, mais cela ne signifie pas qu'il soit immuable. Les prêteurs ont pour ainsi dire la main sur le robinet des crédits et le pouvoir de fixer les règles du jeu. Comme indiqué plus haut, les emprunts français ont des durées de quelques mois à trente ans et plus, et beaucoup de choses peuvent se passer sur de telles durées.

une grande partie de la dette est placée hors de France


La moitié environ de la dette française est souscrite en dehors de la France. Il y a une grande différence sur ce point avec le Japon, par exemple, dont la dette pourtant proportionnellement plus élevée, est plus sûre que celle de la France, car placée exclusivement auprès de prêteurs japonais, banques, assurances et fonds de pension.  En cas de difficultés aigues, on peut concevoir que le patriotisme japonais jouerait son rôle et que la continuité du financement de l'État serait assurée. Il faut ajouter  à cela un élément d'importance: l'absence de risque de de change du point de vue des prêteurs. 
 

 

La facilité de la France à trouver des prêteurs ne tient pas qu'à son statut d'emprunteur de qualité, "solvable" comme on dit. Elle est liée à deux éléments extérieurs fondamentaux : l'euro et la Banque Centrale Européenne. Le premier agit comme un bouclier protecteur qui nous met à l'abri des tempêtes monétaires. Quant au second, il faut bien voir que si les taux sont actuellement très bas et pour certains négatifs, ce n'est pas le résultat d'une amélioration du statut d'emprunteur de la France, mais bien la conséquence directe des mesures de la BCE, lesquelles changeront tôt ou tard.

 

 

 

 

 

 

 

pour aller plus loin éen  la protection de l'euro

 avant l'euro

 

L'opinion est sans mémoire. On a l'impression que l'euro, né le 1er janvier 2002, a toujours existé. La longue période d'une trentaine d'années qui a précédé, marquée par des dévaluations répétées et humiliantes, est déjà lointaine dans les esprits

 

La France dévaluait souvent sa monnaie et l'opération se faisait dans la douleur.

 

Pourquoi ces dévaluations? Le problème de base était le déficit du commerce extérieur. La France importait plus qu'elle n'exportait. La difficulté d'exporter était la conséquence des prix élevés, eux-mêmes conséquences d'une forte inflation intérieure. Concrètement, la dévaluation n'était pas décidée tranquillement, mais imposée par de violentes attaques du franc sur les marchés. Ceux qui avaient des francs les vendaient à tout prix contre des devises plus solides. La Banque de France puisait dans ses réserves de devises pour acheter des francs sur les marchés de manière à freiner la chute du cours, mais en vain. A chaque fois, ce scénario se terminait par une capitulation.

 

Après la dévaluation, les produits français devenaient momentanément attractifs à l'exportation, mais dans le même temps, les importations étaient plus chères, surtout le pétrole dont le pays avait grand besoin. La hausse des prix des produits importés grignotait peu à peu l'avantage initial de la dévaluation, de sorte qu'une nouvelle dévaluation devenait nécessaire.sur les marchés extérieurs quelques mois ou années après pour corriger le déficit extérieur. 

 

l'euro protège la France

 

Le passage à l'euro a complètement changé la donne. Géré de façon remarquable par les autorités monétaires, la devise européenne a conquis en un temps record, contre tous les pronostics, la place enviée de deuxième monnaie de réserve mondiale, après le dollar.

 

Cela signifie que  ceux qui ont des réserves (pays du Golfe, Chine, entreprises mondiales ) ont suffisamment confiance dans la force et la stabilité de l'euro pour placer dans cette devise une partie importante de leurs avoirs. Ce n'est pas qu'une une affaire de monnaie, mais, à travers la confiance dans la monnaie, la perception de la vraie puissance économique de l'Europe.

 

Grâce à l'euro, les pays concernés, plus ou moins forts isolément sur le plan économique mais suffisamment complémentaires ont su constituer un ensemble unifié puissant.

 

Globalement le commerce extérieur des pays de la zone euro est excédentaire, ce qui veut dire que l'Europe n'a aucun problème de ressources pour honorer ses engagements, au contraire. La bonne santé globale de l'ensemble a même été à l'origine d'une hausse de l'euro par rapport au dollar.

 

La France a bien évidemment profité de ce formidable bouclier protecteur. Son déficit extérieur ne pèse pas sur ses comptes, et n'entame pas le crédit extérieur de l'euro car il est compensé par les excédents des autres pays de la zone. Sans l'euro, notre pays aurait été affaibli.

  

  

 

 

 

  

 

 

 

  

 

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pour aller plus loin

 

 

Pour aller plus loin, il faut :

 

Comprendre l'action de la BCE

Creuser le fonctionnement demarchés. 

 

   

   

   

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Vous pouvez vous en rendre compte en cliquant sur les extraits ci-dessous:

 

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maj 02/2016



13/11/2015