les fonds propres

 

 

 

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Les fonds propres font (presque) partie du langage courant. On en parle souvent dans les médias dès lors qu'il est question de problèmes d'entreprise ou de banque. C'est donc une notion importante, dont on peut comprendre le sens sans connaissances préalables. L'extrait ci-dessous est aussi une invitation à découvrir l'univers plus large du bilan, outil indispensable pour aller plus loin dans la compréhension des entreprises et des banques. 

Les fonds propres sont, avec le cash-flow ou le BFR, l'un des éléments de la comptabilité suivi avec la plus grande attention par les patrons d'entreprises, petites ou grandes et ... par leurs banquiers. Mais un étage au dessus, pourrait-on dire, les fonds propres des banques sont suivis avec attention par les banques entre elles et par l'institution qui les contrôle, la banque centrale, la BCE notamment. C'est que les fonds propres constituent une sorte d'amortisseur contre les chocs financiers. Le sujet est particulièrement important dans le domaine bancaire, où la protection des dépôts de la clientèle est une priorité absolue. Si les fonds propres d'une entreprise sont relativement faciles à calculer, il n'en est pas de même pour les banques, pour lesquelles ce calcul est plus délicat.

L'importance du sujet des fonds propres est illustrée par un élément de l'actualité de ces dernières années: les accords dits de Bâle 3. Les discussions interminables entre banques du monde entier porte précisément encore et toujours sur le niveau minimum de fonds propres et sur leur méthode de calcul. 

 

 

    

 

 

 

 

définition et utilité des fonds propres

Bâle 3 les fonds propres des banques

00 R3.jpg pour aller plus loin

 

 

 

 

 

 

 

 

définition et utilité des fonds propres

Les fonds propres sont constitués du capital d'origine, diminué des pertes, majoré des bénéfices non distribués et d'éventuelles augmentations de capital. Les fonds propres évoluent  dans le temps, en fonction des mouvements sur le capital et surtout des fluctuations des résultats, bénéfices ou pertes.

 

Dit autrement, les fonds propres, c'est l'argent des actionnaires. Cet argent fluctue, en fonction des performances de l'entreprise. Si l'entreprise (ou la banque) fait faillite pour cause de pertes importantes, les actionnaires risquent de tout perdre. A l'inverse, si l'entreprise fait des bénéfices, les actionnaires peuvent décider de ne pas les retirer, mais de les laisser dans l'entreprise de manière à lui permettre de faire des investissements, ou tout simplement, pour atteindre les niveaux de fonds propres requis par la réglementation (dans le cas des banques).

 

Les fonds propres peuvent être négatifs, si les pertes cumulées dépassent le capital d'origine. Il y a des entreprises qui fonctionnent ainsi. La faillite est alors évitée par des crédits bancaires ou autres. Cette configuration est plutôt rare et correspond à des logiques de gestion particulières. 

 

La formule générale est:

 

FONDS PROPRES  =   CAPITAL  +   BÉNÉFICES NON DISTRIBUÉS

 

A noter que "CAPITAL" désigne le capital d'origine, augmenté des éventuelles augmentations de capital survenues depuis lors. Comme en toutes choses, le calcul peut devenir plus complexe, avec les quasi-fonds propres ou la prise en compte de certaines réserves, mais arrêtons-nous là, pour examiner la philosophie des fonds propres.

 

Cette formule de calcul conduit à s'interroger sur la localisation des fonds propres, leur visualisation, pourrait-on dire. La vérité est qu'on ne sait pas où sont les fonds propres. Ils n'apparaissent pas explicitement dans le bilan, mais sont calculés à partir du bilan. On connait leur montant sans savoir leur localisation précise. En fait, les fonds propres sont un peu partout. 

 

Pour comprendre, il faut reprendre le mécanisme de la création d'entreprise, une start-up par exemple. A l'instant t°, les associés versent leurs apports en capital. Après cela, les fonds propres de l'entreprise sont égaux au capital, et ils se trouvent dans la caisse de l'entreprise ou sur son compte en banque. A l'instant t° plus un ou deux jours, les associés décident d'acheter un ordinateur. Les fonds propres n'ont pas changé, puisque le capital d'origine n'a pas changé, mais ils ont été en quelque sorte répartis entre l'ordinateur et les avoirs liquides de la start-up. Et ainsi de suite. 

 

Ainsi les fonds propres ne sont pas matérialisés concrètement, par un compte spécial en banque par exemple. L'argent des fonds propres est disséminé dans l'entreprise. Dans les stocks, dans le crédit clients, dans les machines, etc... 

 

 

 

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On peut définir les fonds propres comme un élément comptable donnant une indication de la valeur de l'entreprise. Ils sont surtout un élément-clé pour l'attribution des crédits et rassurent tous ceux qui prêtent à l'entreprise, banques, fournisseurs et autres créanciers.

 

Pourquoi parler autant des fonds propres ? Parce qu'ils sont l'indice d'une certaine indépendance de l'entreprise face à ses créanciers. Pour simplifier, plus on a de fonds propres, moins on dépend de son banquier.

 

Mais alors, pourquoi s'endetter ? Peut-on imaginer une entreprise sans dettes bancaires ? Oui, dans les services par exemple, où il n'y a pas de dépenses "lourdes", comme des machines ou des usines. L'avantage de l'endettement est que l'on dispose d'une ressource additionnelle beaucoup plus importante que le capital des actionnaires. 

 

 

 

 

  

 

 

Bâle 3 les fonds propres des banques

En ce qui concerne les banques elles-mêmes, les ratios de fonds propres sont au coeur du contrôle de leur activité par les autorités chargées de leur régulation. Le calcul est approché, mais on sait qu'il est le même pour toutes les entreprises.

  

Ils constituent le premier matelas de sécurité,  un airbag, pourrait-on dire, qui protège la banque et ses déposants. Les fonds propres c'est l'argent des actionnaires, qui sont les premiers à pâtir des pertes.

 

Lorsque les pertes s'accumulent, les fonds propres passent en dessous du minimum requis. Ce minimum est actuellement 8% des engagements. En cas de gros problèmes, les fonds propres peuvent passer sous zéro. La banque est alors contrainte, pour augmenter ses fonds propres, de faire appel à ses actionnaires ou à en trouver de nouveaux, sous peine de sanctions.

 

Lorsque les pertes dépassent les fonds propres, ce qui a été est le cas à Chypre, la banque concernée est en faillite. Si la banque est importante, la faillite prend une dimension politique et les autorités sont contraintes d'intervenir car cette faillite peut poser un problème d'ordre public. L'argent public sert alors à rembourser les déposants.

 

Dans le cas chypriote, le FMI et les autorités européennes ont choisi de ne pas les rembourser en totalité. Techniquement, la participation imposée aux déposants n'est pas un impôt, même si cela y ressemble. Les déposants deviennent des actionnaires forcés, à hauteur du sacrifice qui leur est demandé.

 

On a beaucoup parlé du problème des déposants parce que la particularité de ces banques chypriotes était en effet de se financer massivement à partir des dépôts, à la différence de la plupart des banques européennes, qui se financent plutôt sur les marchés financiers (obligations) et en crédit interbancaire.  

 

On comprend aussi pourquoi la BCE exige de contrôler les banques de la zone euro de manière à pouvoir agir préventivement. Un "petit" pays peut mettre en danger l'ensemble de la zone euro.  

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

pour aller plus loin

 

Pour aller plus loin, il faudrait :

 

Creuser la notion de bilan.

Comprendre comment les banques prêtent aux entreprises. 

 

 

 

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1er cours Bilan BFR Start-up
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21/06/2017