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Cet extrait du cours explique le concept de cash-flow, appelé aussi "Marge d'Autofinancement". L'usage qu'en fait le banquier permet d'en bien comprendre la raison d'être. 

Cette notion intéresse en effet en priorité les spécialistes de l'analyse des rapports annuels des sociétés, situés dans les départements des risques des banques de crédit. Elle intéresse aussi les banques d'affaires, car l'analyse des cash-flows futurs est l'une des méthodes de valorisation des entreprises.

Chaque banque a un peu sa méthode pour calculer le cash-flow. Pour une raison curieuse, ce terme a acquis une certaine notoriété en dehors des cercles de spécialistes. 

 

 

 

 

Définition  le muscle  de  l'entreprise

Calcul    zoom   sur   l'amortissement

Utilité  banques et banques d'affaires

Pour aller plus loin  autres modules

 

 

 

 

 Le concept de cash-flow répond à un problème simple : quelle est la "vraie" marge créée par une entreprise? Qu'est-ce que cette entreprise gagne vraiment?

 

La réponse à ces questions n'est jamais simple car il existe des éléments qui "perturbent" les calculs. Il s'agit d'éléments dont la codification n'est pas rigoureuse, comme l'amortissement, ou d'éléments incertains qui ont une chance de survenir mais dont on ne connait pas l'impact avec certitude: procès, redressement fiscal, ou annulation de contrat. Faut-il en tenir compte ou pas? C'est tout le problème.

 

 

 

 

plusieurs définitions

La notion de cash-flow n'est hélas pas très intuitive. Le cash-flow ce n'est pas du cash dans la caisse de l'entreprise comme le vocabulaire pourrait le faire croire. Ce n'est pas non plus le bénéfice, même si le bénéfice en fait partie.  

 

Le cash-flow est en fait un bénéfice recalculé à partir du bénéfice comptable. En effet le bénéfice comptable peut être vu comme une "marge bénéficiaire" ( les ventes moins les dépenses) dont on déduit un élément comptable appelée amortissement. En première approche, cette "marge bénéficiaire" qui ne tient pas compte de l'amortissement, c'est le cash-flow.

 

Certains déduisent en outre les provisions comptables ainsi que l'argent immobilisé dans les stocks et le crédit inter-entreprise. On peut également aller plus loin et déduire le montant estimé des investissements absolument nécessaires pour maintenir la capacité de production. On imagine l'imprécision de l'expression "absolument nécessaires" ...


Ces observations préliminaires expliquent qu'il peut y avoir plusieurs calculs du cash-flow. On parle ainsi de free cash-flow, ou de cash-flow disponible

 

Tout cela est heureusement plus simple qu'il n'y parait, comme vous allez vous en rendre compte dans ce qui suit. Le coeur de la notion de cash-flow reste la notion d'amortissement. C'est ce que nous allons examiner en priorité.

 

le cash-flow mesure le vrai muscle de l'entreprise

La raison d'être du calcul du cash-flow est ceci: le bénéfice d'une entreprise ne rend pas vraiment compte de sa rentabilité

 

Pourquoi ? Tout simplement parce que pour calculer ce bénéfice, en comptabilité, on a tenu compte de tout, c'est à dire des vraies dépenses et des "fausses dépenses". Les fausses dépenses c'est de l'argent mis de coté pour diverses raisons et qui pourra ultérieurement donner lieu à une vraie dépense.

 

Ces fausses dépenses, ce sont l'amortissement et les provisions, cités plus haut. Leur calcul ou leur estimation n'ont rien à voir avec l'exploitation de l'entreprise. C'est la raison pour laquelle, pour savoir vraiment ce que gagne l'entreprise, et aussi pour permettre les comparaisons, on refait le calcul du bénéfice sans en tenir compte.

 

 

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calcul du cash-flow

Le cash-flow  se calcule "par en haut", en soustrayant du produit des ventes les "vraies dépenses" définies précédemment, ou "par en bas", par l'addition du bénéfice et de l'amortissement. 

 

CASH-FLOW  =  BENEFICE  (net de taxes) +  AMORTISSEMENT

 

 

Le cash-flow est un "bénéfice" calculé sans déduire  l'amortissement.

 

CF3.jpgPour simplifier le raisonnement, nous ne parlons pas des provisions évoquées plus haut. Le point central est en effet la notion d'amortissement, un sujet que même les étudiants d'écoles de commerce n'appréhendent pas toujours très bien. 

 

Qu'est-ce que l'amortissement ? Le bénéfice, tout le monde "voit" ce que c'est, mais l'amortissement, c'est moins clair. Pour comprendre il faut  faire une incursion dans la comptabilité.

  

L'amortissement est un drôle de concept, c'est un concept flou. Plus précisément, son calcul est flou dans l'univers rigoureux de la comptabilité. Il y a d'ailleurs d'autres concepts de même nature, comme les provisions.

 

Cet aspect des choses n'est pas explicité aux étudiants des écoles de commerce. Le discours convenu est: l'amortissement est lié à la durée de vie, donc à l'obsolescence des investissements. Sauf que personne n'est capable de déterminer cette durée de vie avec exactitude.

 

Pour expliquer l'origine de cet objet comptable, un petit détour. Tout le monde comprend que le bénéfice est grosso modo  la différence entre les revenus et les coûts. Le bénéfice du boulanger, par exemple, est ce qui reste quand on retire du produit des ventes de pain les dépenses liées à cette activité, l'achat de farine, le salaire de la vendeuse, l'électricité, etc ...

 

Mais supposons qu'un jour le boulanger décide de changer son four. Grosse dépense, énorme dépense même, susceptible de bouleverser le calcul de son bénéfice.  Ce bénéfice va fortement diminuer, peut-être se transformer en perte l'année de l'achat, même si les ventes de pain connaissent un bel essor. Donc le bénéfice calculé de cette manière ne rendrait plus compte de la performance économique.

 

Pour se rapprocher de la réalité "économique", "on" a eu l'idée d'étaler la dépense d'investissement dans le temps. Plutôt que la considérer en totalité, cette dépense est fractionnée sur plusieurs années successives. Et pour rendre comparables les calculs de bénéfices, on a défini des durées-types par catégories d'investissements. Le critère retenu a été celui de la durée de vie estimée des investissements concernés.  "On" c'était les associations de normalisation comptables. Le fisc s'en est mêlé, puisque l'étalement change le calcul de l'impôt annuel sur les bénéfices.

 

Résultat: une mesure de bon sens, mais des interprétations multiples. Ceci explique pourquoi la plupart des entreprises ont au moins deux comptabilités, une comptabilité disons "économique" et une comptabilité fiscale. Le but n'est pas le secret ou la fraude. Cela résulte simplement des différences d'interprétations de certains concepts - par exemple l'amortissement - entre l'administration fiscale et les normes comptables. Quand on sait que les normes ne sont pas encore harmonisées au plan fiscal et que chaque fisc a ses "particularités", on imagine le casse-tête des auditeurs chargés de faire les états consolidés d'une multinationale...

 

Voyons les choses autrement. Pour calculer son bénéfice, notre boulanger applique donc la loi comptable et retire de ses ventes non pas le montant de son investissement, mais une fraction seulement, appelée amortissement.

 

C'est là que les choses se compliquent pour la compréhension. Cet amortissement ne correspond à rien de concret. Le boulanger a bien dépensé la totalité du prix du four. Pour cela il a soit puisé dans ses réserves, soit utilisé un crédit.

 

Son bénéfice calculé après soustraction d'un amortissement calculé arbitrairement ne correspond à rien de concret car l'amortissement n'est pas une vraie dépense en ce sens qu'il n'y a pas de sortie d'argent. D'où l'idée de neutraliser l'amortissement. Et de calculer ainsi un chiffre de rentabilité proche de la réalité économique, le cash-flow.

 

Le cash flow rend compte de la rentabilité de l'activité indépendamment des dépenses d'investissement.

 

Voilà c'est tout l'intérêt de la "manip".

 

L'investissement et son financement ont bien sûr affecté les finances - on dit la liquidité - de l'entreprise, mais pas la mesure de sa rentabilité (au détail près des intérêts du crédit, si crédit il y a pour financer l'investissement). Les changements de liquidité sont perceptibles dans le bilan de l'entreprise, pas dans le compte d'exploitation.........

 

ebitda,  cash-flow et  free cash-flow

L' ebitda  (earning before interest, tax, depreciation  and amortization ) est un concept proche du cash-flow qui ne tient pas compte des intérêts payés. Il est notamment utilisé pour la valorisation des entreprises, avant une introduction en bourse par exemple. Cela dit,  il présente des variations de calcul d'une banque à l'autre. ...

Le free cash-flow intéresse particulièrement les banquiers et les actionnaires, car il mesure l'argent réellement disponible pour rembourser de nouveaux emprunts et payer des dividendes. Pour le calculer, on tient compte des dépenses "nécessaires" pour maintenir en l'état l'appareil de production. Le free cash flow est inférieur au cash-flow. En pratique, ce free cash-flow est calculé par l'entreprise elle-même, et il est mentionné dans son rapport annuel. 

 

On retombe donc dans le flou, car il n'y a pas de méthode objective pour déterminer l'investissement "nécessaire". Ce flou est toutefois relatif et incontournable. Les actionnaires comme les banquiers ont besoin d'avoir une estimation de ce qui est vraiment disponible

 

 

 

 

 

 

à quoi ça sert ?

Le cash-flow est utile pour comparer la rentabilité des entreprises d'un même secteur. Le free cash-flow permet de savoir avec une marge d'erreur acceptable ce que l'entreprise peut globalement emprunter et / ou distribuer à ses actionnaires. 

 

Ces informations intéressent donc au premier chef les banquiers qui prêtent, les banquiers d'affaires qui vendent les entreprises, et les agences de notation.

 

En résumé, la terminologie est imprécise, donc, et en français et en anglais. Le cash flow ne représente pas un flux (flow) de cash. Ce n'est pas non plus la marge d'autofinancement, puisqu'il faut tenir compte des amortissements nécessaires, des dividendes et des remboursements d'emprunts existants. Certains distinguent le "brut" du "net".... On parle aussi en France de l'EBE (excédent brut d'exploitation), notre équivalent de l'ebitda. Il faut donc accepter les imprécisions du vocabulaire, retenir la philosophie.

 

Notons toutefois que le cash-flow a été présenté ici comme un instrument de mesure de la rentabilité. Il existe une autre interprétation du cash-flow au sens de flux financiers, laquelle conduit à l'analyse de la trésorerie. Cette interprétation ne contredit pas la précédente mais elle risque de semer le trouble. Dans cette lecture, il est considéré que l'activité de l'entreprise génère progressivement un flux de liquidités tout au long de l'année, dont une partie est absorbée par les variations de stocks, crédit-client et crédit fournisseur (le BFR). 

 

 

 

 

  

 

 

POUR ALLER  PLUS  LOIN

 

 

Pour aller plus loin, il est utile d'examiner les différents contextes d'utilisation du cash-flow. Pour cela, il est nécessaire de :

Creuser un peu le fonctionnement des banques et des marchés financiers. 

Avoir une idée du crédit aux entreprises. 

Connaître les techniques de base des Banques d'Affaires.

Assimiler quelques principes d'économie.



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(clic pour agrandir)

 

 Le schéma ci-dessus montre le lien entre toutes ces notions et leur importance pour comprendre le système bancaire, économique et financier.

 


INFOFI2000,  c'est une progression assurée, logique et motivante dans les "savoirs-gigogne".

  

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Pour continuer ce qui précède, vous pouvez 

... consulter d'autres modules du cours

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structure
du bilan

principes
d'économie

marchés
financiers

bk4r2.jpg écran rond.JPG euro-dollar r3.jpg

 

 

  

 

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MAJ



21/08/2014