Le crédit

 

COMMENT LES BANQUES  PRêTENT

 

 

"Les banques sont frileuses, ne prêtent qu'aux bons clients et demandent toujours des garanties. Elles ne prennent pas de risques"

Voilà une critique fréquente concernant les banques. Qu'en est-il vraiment ? Notons le fonctionnement très particulier des banques, presque toujours en situation de concurrence. Il y a donc deux temps dans la banque: un temps commercial ...

puis un temps critique, avec la possibilité du refus. 

Pour bien comprendre, il suffit de se rendre dans le poste de commandement d'une d'entre elles et d'observer. 

 

 

     

Résumé

 

Pour qu'une banque prête, il faut que  trois conditions soient respectées

 

1-le risque est acceptablec'est l'objet de l'analyse du risque examinée ci-après

2-la banque n'a pas atteint sa limite: grosso modo, une banque ne peut pas prêter plus de 12 fois ses fonds propres

3- le marché monétaire fonctionne: il faut que les banques aient confiance entre elles

 

 

Pour qu'un risque soit acceptable, la banque doit répondre à trois questions  

 

A - Ce client a -t-il les ressources nécessaires  pour rembourser son nouveau crédit?

B – Sa solidité financière est-elle suffisante pour minimiser le risque de faillite?

C - Comment s'assurer de la récupération du capital en cas de problème ? 

 

 

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analyse du risque 

Prêter c'est faire un pari sur la situation future de l'emprunteur. Et pour évaluer cette situation future, le prêteur ne dispose ... que d'éléments passés.  C'est le passé qui permet de se faire une idée de la capacité de l'emprunteur à rembourser son prêt.

 

En règle générale, les banques regardent les comptes des trois années qui précèdent la demande de crédit. Pourquoi trois ? Parce que l'expérience montre qu''aller plus loin dans le passé n'a pas grand sens. 

 

 Aussi fine soit-elle, l'analyse du risque a toutefois ses limites, puisque rien ne permet de prévoir exactement l'évolution de la situation future d'un emprunteur. Le risque zéro n'existant pas, le prêteur cherche en outre les moyens de se couvrir d'une défaillance toujours possible de son emprunteur.

 

A l'examen des comptes on ajoute une analyse des perspectives commerciales de l'entreprise et de la solidité de son management. Il faut aussi que le crédit soit rémunérateur.  

 

Partant du principe que les difficultés économiques touchent rarement l'ensemble des secteurs, les banques font en outre très attention à la répartition de leurs risques, sur le plan économique et géographique. Elles s’efforcent de respecter avec rigueur un certain nombre de ratios prudentiels comme par exemple le coefficient de division des risques : la banque ne peut pas prêter plus qu’un certain pourcentage de ses fonds propres à un client donné, ou à l’ensemble des clients d’un secteur économique donné.  

 

les éléments comptables 

La méthodologie suivie pour l'analyse de crédit est simple. Elle consiste, pour tout nouveau client, à poser trois questions:

 

1 - Ce client a -t-il les ressources nécessaires  pour rembourser son nouveau crédit ?

2 - Sa solidité financière est-elle suffisante pour minimiser le risque de faillite?

3 - Comment s'assurer de la récupération du capital restant dû en cas de problème ?

 

 

L'analyse des ressources nécessaires est relativement simple et consiste à vérifier que l'activité de l'entreprise est rentable. La nature et la pérennité des bénéfices (en fait le cash flow comme on verra plus loindoivent être constatés. Au besoin, on compare ces bénéfices avec ceux d'entreprise du même secteur.

 

L'analyse des fonds propres et le bas de bilan est essentielle pour évaluer la solidité financière, en d'autres termes son risque de faire faillite. Toute aussi importante est l'analyse des actifs, pouvant donner lieu à des garanties 

 

fonds propres et bas de bilan l'indice d’une structure financière déséquilibrée est la  faiblesse des fonds propres par rapport au total du bilan et par rapport au découvert bancaire.

 

Comme on l'a vu au chapitre précédent, les fonds propres sont constitués du versement initial des actionnaires, le capital, majoré (ou minoré) des bénéfices successifs non distribués (ou des pertes).  C’est la partie située en haut et à droite du bilan, l’ equity en anglais. Cet argent appartenant juridiquement aux actionnaires a servi à financer une partie des actifs de l'entreprise.

 

Si le découvert bancaire est trop important, l’entreprise est à la merci du bon vouloir de la banque qui lui fait crédit. Il faut savoir que ce qui déclenche la faillite c'est l'incapacité de l'entreprise à honorer une créance qui lui est présentée. L'entreprise n'a pas assez d'argent en caisse ou de facilités pour payer un créancier, un fournisseur, l'échéance d'un gros crédit ou le fisc par exemple. Elle n'a plus les liquidités nécessaires. Un tel événement malheureux peut toucher une entreprise en bonne santé affectée par exemple par la défaillance d'un de ses clients.

 

 

Dans les faits, c'est la banque "maison" qui déclenche la faillite, car c'est elle qui tient les clés des liquidités.  C'est elle qui peut décider de ne plus augmenter les facilités courantes de trésorerie. Le banquier qui accorde ces facilités voit fonctionner les comptes au jour le jour. Il est donc le premier informé des difficultés de l'entreprise. Il peut donc apprécier à quel moment la situation de l’entreprise est sans espoir, et refuser de continuer à lui faire crédit. Il peut surtout prendre une telle décision pour des raisons de politique interne, même si l’entreprise se porte bien. La banque veut par exemple diminuer son exposition sur un secteur économique ou géographique donné. De telles décisions sont rares mais elles se produisent néanmoins.  

 

 

Pas question donc de prêter à une entreprise qui a une trésorerie tendue malgré une bonne rentabilité.

 

 

Voyons à présent la provenance d’un besoin de découvert trop important  il faut regarder deux éléments clés de son bilan, A- le Besoin en Fonds de Roulement (bas de bilan) et B- le Fonds de Roulement (haut de bilan).

 

 

 

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A (le besoin en fonds de roulement) varie en permanence  et dépend surtout des conditions de crédit des fournisseurs et de celles qui sont accordées aux clients. Sa valeur moyenne "faible" renseigne sur la gestion "ferme" des relations fournisseurs et sur la qualité de l'action commerciale.

 

B (le fonds de roulement) est fixe sur l'horizon d'un an.  Concrètement, c'est un excès de ressources longues. Il est utilisé pour financer A, en partie du moins. 

 

Ce que l’on considère ici, ce sont les ressources longues « disponibles », c’est-à-dire l’excédent des ressources longues sur les emplois longs. Les emplois longs sont les immobilisations figurant en haut de bilan, à l’actif. Il s’agit principalement d’immobilisations financières (participations dans des filiales) ou des actifs immobiliers.

 

La bonne gestion consiste à couvrir une partie du fonds de roulement avec les ressources "longues", c'est-à-dire de plus d'un an. Celles-ci sont constituées des fonds propres et des financements à long terme. L’entreprise dépend moins de son découvert bancaire et conserve une marge de manoeuvre en cas de difficultés, comme le défaut de paiement de l’un de ses clients.

  

couverture des risques le constat à un moment donné de la rentabilité de l’activité de l’emprunteur et de sa solidité financière ne met pas le prêteur à l’abri d’événements imprévisibles susceptibles d’entraîner ultérieurement un changement radical de situation.

 

Sur une durée de quatre, cinq ou six ans, la durée moyenne des crédits sur les biens d’équipements, les retournements de situation sont toujours possibles. Le plus classique est comme indiqué plus haut la défaillance d’un client majeur,. L’analyse du portefeuille de clients constitue à cet égard une précaution indispensable. La mise en place de garanties correspond à la nécessité de se couvrir des conséquences possibles de ces événements, indépendamment de leur nature ou de leur probabilité de réalisation. 

 

Les deux règles d’or en matière de crédit et de garantie sont les suivantes :

 

- on ne prête pas sur garantie 

- on ne prête pas sans garantie.  

 

Prêter sur garantie signifie négliger l’analyse de crédit telle qu’exposée ci-dessus du fait de l’existence d’une garantie solide.

 

Il n’est pas sain de faire crédit à un emprunteur sans ressources régulières, ou dont les ressources sont insuffisantes pour rembourser ses échéances, ou pire, qui est à la merci de la faillite, faute de facilités de trésorerie suffisantes. Pour le prêteur, la mise en jeu d’une garantie est processus lourd et coûteux  qu’il vaut mieux éviter. 

 

Accorder un crédit sur la base d’une garantie à un emprunteur dont on sait d’avance l’incapacité à honorer ses échéances, ne relève plus du métier de banquier, mais de l’action sociale. Pire encore lorsque cette garantie repose sur un bien dont le prix est susceptible de fluctuer, comme l’immobilier.  

 

Prêter sans garantie est dangereux, car en cas de difficultés de trésorerie, ce crédit sans garantie sera le premier touché, et le premier à subir des impayés. Le débiteur choisira en effet de retarder le paiement des échéances, voire de les interrompre puisqu’en agissant ainsi, il n’encourt pas le risque d’une mise en jeu de la garantie susceptible de rendre visible ses difficultés. 

 

Les garanties sont de deux types. Il y a d’une part les engagements donnés par des tiers pour la reprise des obligations contractuelles de l’emprunteur lorsque celui-ci est défaillant. Et d’autre part les gages ou sûretés réelles sur des biens. Dans la première catégorie on trouve par exemple les cautions ou les engagements de reprise, donnés par des personnes physiques ou morales. Du point de vue de l’analyse de crédit, tout se passe comme si le prêteur avait en face de lui un deuxième emprunteurs, susceptible de se substituer au premier en cas de défaillance de celui-ci. La valeur d’une telle garantie est celle du garant. Il est donc nécessaire de procéder à une deuxième analyse de crédit complète du garant pour s’assurer de sa capacité à honorer son engagement de sa solidité financière. Cette deuxième analyse de crédit exige la même rigueur que la première. Les garanties ou sûretés « réelles »  les plus courantes sont les garanties sur les actifs de l’entreprise.  Il s’agit par exemple de gages sur les d’actifs de production, de nantissement  des actifs financiers, ou d’hypothèque des actifs immobiliers. 

 

Il faut savoir que dans le domaine du crédit, un risque n’est jamais totalement couvert. En particulier, si les garanties permettent de réduire les risques, elles ne sont pas elles-mêmes sans risques. 

 

 

 

 

 

 

  

 

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02/01/2014