les marchés financiers, c'est quoi

 

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  Les marchés ont dans l'opinion publique une double aura de complexité et d'opacité. Moins régulés que le monde bancaire, ils brassent des sommes considérables, mesurées en multiples de la taille des Etats. La méfiance qui les entoure s'est imposée dans le contexte de la crise des subprimes....

... une crise planétaire qui a eu des conséquences ravageuses pour la finance mondiale, pour les banques et pour l'économie.

Mais qu'en est-il vraiment?  C'est un des sujets étudiés dans le cours.

 

Vous découvrirez que les mécanismes des marchés sont passionnants à décortiquer, car ils sont le lieu de la créativité financière. Contrairement à une idée très répandue, les marchés sont INDISPENSABLES à l'économie réelle.

 

 

introduction

Commençons par une "vue d'hélicoptère" pour situer les marchés dans le monde économique et financier.

  

 

 

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Ce schéma fait apparaître trois acteurs indépendants :

- les Etats

les Banques Centrales (ici la Banque Centrale Européenne) et ...

- les Marchés

 

Les Etats se préoccupent de la stimulation de l'activité économique, de manière à favoriser l'emploi et la création/redistribution des richesses. 

 

Le système bancaire, personnifié par les Banques Centrales, est au coeur de l'économie en ce qu'il permet la circulation de l'argent et le crédit. Les banques centrales contrôlent également l'inflation.

 

Les Marchés complètent l'action des banques dans le domaine du recyclage de l'épargne et de la couverture des risques (les flèches noires représentent les financements). Par ailleurs, en organisant la libre confrontation de l'offre et de la demande, ils jouent un rôle majeur dans la fixation des prix de toute nature: matières premières, devises, valeur des entreprises, dettes...

 

 

 

 

 

 

qui ils sont  la bourse, les marchés obligataires

à quoi ils servent  prêter aux Etats et aux entreprises 

marchés financiers et banques  complémentarités

régulation pourquoi c'est compliqué 

pour aller plus loin les notions indispensables

 

 

 

 

 
 qui sont les marchés? 

Au sens général, les marchés désignent des lieux de rencontre d'acheteurs et de vendeurs. Il y a des marchés de biens, de produits consommables, de matières premières. Certains sont concentrés et localisés, à l’image des marchés de légumes ou du marché des matières premières de Chicago. D’autres sont disséminés, comme les marchés immobiliers, eux-mêmes subdivisés en marchés d’immobilier résidentiel et d’immobilier de bureaux.


Les marchés financiers sont des lieux – plus virtuels que réels– où s’échangent des « biens » financiers. Le plus connu de ces lieux est la bourse, où les biens échangés sont des actions.  

 

Depuis quelques années déjà, la Bourse de Paris n’est plus localisée dans le fameux Palais Brongniart. Paradoxalement, elle est plus connue depuis qu’elle est devenue virtuelle, car elle est à présent accessible à tous. 

Grâce à internet, chacun peut disposer chez soi d’une véritable« fenêtre » sur les bourses du monde entier. 

Aujourd’hui seules quelques bourses ont gardé une apparence physique. 

C'est le cas de la Bourse de New York, appelée le NYSE (New York Stock Exchange). Mais il faut savoir que le « gros » des échanges s’effectue de manière invisible sur des ordinateurs.


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Il existe autant de marchés financiers qu’il existe de produits financiers. En dehors de la bourse, le deuxième marché le plus connu est le marché des obligations, ou marché obligataire. 

 

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à quoi ils servent

Pour bien comprendre l'utilité et le fonctionnement des marchés, partons d'une réalité que chacun connait, l'endettement de la France. La traduction concrète de cet endettement est simple: chaque semaine, un service spécialisé de l'Etat emprunte entre 5 et 10 milliards d'euros, sous la forme d'obligations.


à qui empruntons-nous ?
ceux qui prêtent à la France le font à travers des marchés. Ils pourraient le faire directement, on verra pourquoi ils préfèrent passer par des marchés.

 

Qui sont ces prêteurs qui achètent les obligations émises par le Trésor français? Toutes les institutions de France et d'ailleurs qui ont durablement ou épisodiquement de l'argent à placer. Institutions privées ou publiques, on les appelle des investisseurs. Ces investisseurs pourraient placer cet argent dans les banques, certaines de ces institutions le font aussi. C'est une affaire de préférence. Beaucoup préfèrent faire des placements en bourse, acheter des obligations, prendre des participations dans des entreprises. Ou simplement confier leur argent à des organismes spécialisés qui feront des placements en leur nom.  On trouve ainsi des compagnies d'assurances, des fonds de pension, des Etats souverains détenteurs d'excédents, des fonds de placement, etc ...

 

 

 

LES INVESTISSEURS

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Ordre de grandeur  L'endettement global de la France est d'environ 2 000 milliards d'euros, ce qui représente à peu près le PIB français. On est loin, très loin des capacités des investisseurs. Des banques d'affaires spécialisées dans la création de support d'investissement sophistiqués estiment à 70 000 milliards d'euros les sommes d'argent disponibles. Ce montant n'inclut pas le volume quotidien qui circule sur le marché des changes ou les volumes échangés sur le marché des matières premières...

 

 

pourquoi passer par les marchés ?

Le marché présente des avantages considérables, pour celui qui prête comme pour celui qui emprunte. Le principal avantage est lié au nombre de participants.


1- L'emprunteur est sûr ou presque qu'à tout moment quelqu'un sera intéressé et disposé à lui prêter. 

 

 

"L'emprunt français de la semaine dernière a été sur-souscrit."

Ce titre apparaît régulièrement dans la presse. Il signifie tout simplement que ce jour-là,les investisseurs étaient prêts à prêter plus que ce que la France demandait.

 

 

2- Le prêteur est également sûr de trouver quelqu'un disposé à lui reprendre le prêt qu'il a consenti quelque temps auparavant.

 

 

"Le marché de la dette française est liquide."

Ce commentaire exprime le fait que la dette française circule facilement. Les emprunts français sont émis par l'Etat sous forme d'obligations, lesquelles peuvent être achetées puis revendues indéfiniment. Cette caractéristique donne de la souplesse aux investisseurs.

 

 

 3- Les marchés n'ont pas de limites. Il faut savoir qu'une banque ne peut pas prêter plus de 12.5 fois ses fonds propres. Cette limite résulte des fameux accords de Bâle. Les marchés permettent à n'importe quel investisseur d'acheter autant d'obligations du trésor français qu'ils le souhaitent. La seule limite est celle qu'eux-mêmes se fixent en fonction de la qualité de l'emprunteur "France". La mesure la plus courante de cette qualité est la fameuse notation de Standard & Poor, Moody ou Ficht.

 

 

fixer les prix

Tous ces marchés ont des points en commun. Tous remplissent une fonction capitale, qui est leur capacité à déterminer un prix..... ou un taux d'intérêt (le "prix" de l'argent).

 

Il en est ainsi de l'ensemble des marchés. Sur leurs marchés respectifs, le prix du m2 d’un appartement à Lyon, c’est tant. Le cours de l’action Apple, c’est tant. Le pétrole vaut tant. La dette espagnole à cinq ans vaut 4%.

 

Cette notion de prix est presque philosophique, en ce sens qu’un prix n’a pas d’existence durable et pourtant tout le monde s’y réfère. Un prix est le résultat de la rencontre d’une offre et d’une demande. Il est unique et éphémère. Il résulte d’un accord entre deux subjectivités. « C’est cher mais j’en ai besoin, je l’achète » ou « ce prix ne me convient pas, je ne vends pas, j’attends une offre à un prix supérieur ». Notre vision est faussée car la vie courante offre plutôt une vision de prix fixes. Les objets de tous les jours ont « un » prix. Et les différences de prix d’un même objet d’un endroit à l’autre nous paraissent le fait du marchand et non pas celui de l’acheteur. Et pourtant !

 

C’est toujours le couple « acheteur-vendeur » qui détermine le prix. Ce qui ne se voit pas pour les produits de masse apparaît clairement lors d’achats plus importants, comme l’immobilier. 

 

 

 

 

Le cours des actions en Bourse dépend de ce rapport entre acheteurs et vendeurs. Ce qui est intéressant à analyser est la naissance des courants acheteurs ou vendeurs. La manière dont ils sont crées, le rôle de l'économie, des indicateurs des entreprises, le rôle des outils proprement financiers.

Dans le cas des obligations, les choses sont légèrement différentes. L'offre et la demande sont déterminantes pour la fixation du cours mais le taux d'intérêt joue également un rôle, ainsi que le moment où ce cours est fixé. Une obligation c'est pour l'émetteur l' "obligation" de payer des intérêts annuels ou semestriels (les coupons) et le capital emprunté (le principal) à la fin. Les montants dûs par l'émetteur ne varient pas dans le temps.

En revanche, le prix de revente d'une obligation avant son terme est différent du prix initial en fonction des paiements déjà reçus par le vendeur et du taux d'intérêt le jour où cette revente a lieu. 

Les trois facteurs, durée restante, taux d'intérêt et offre-demande se combinent pour déterminer le prix d'une obligation à l'instant t.

 

  

 

 

marchés financiers et banques 

Pour saisir comment  les marchés financiers se différencient des banques, voyons le point de vue de l'entreprise.


Prenons l'exemple d'une entreprise qui a besoin de financer un important investissement. Elle recherche des financements longs. On suppose que l'actionnaire n'est pas sollicité pour une augmentation de capital, ce qui serait une manière de résoudre le problème. 
Deux possibilités s'offrent à elle, le recours à la banque ou le recours au marché financier. 


Le recours à la banque c'est le crédit. Dans cette hypothèse, le prêteur c'est la banque. Celle-ci va probablement emprunter elle-même ce qu'elle re-prêtera, mais c'est elle la banque, qui est en risque. Le critère, c'est qui prend le risque.

Le recours au marché offre plusieurs possibilités techniques - disons pour simplifier, actions ou obligations. Celui qui prend le risque, c'est l'investisseur.

 

 

 

 

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Les deux formules ont leurs avantages et leurs inconvénients. Disons que le plus sûr pour l'entreprise est de recourir à l'emprunt obligataire. De cette manière elle préserve sa capacité d'emprunt auprès de sa ou de ses banques. La prudence commande en effet de pouvoir emprunter en cas de coup dur, pour supporter le choc d'un événement imprévu, comme la faillite d'un gros client qui devait d'importants montants.

 

 

 

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L'inconvénient majeur est lié aux contraintes de l'emprunt obligataire, comme par exemple la nécessité d'une notation. C'est la notation qui renseigne l'investisseur sur la qualité du risque qu'il va prendre en achetant des obligations.

 

 

 

 

 

  
 régulation des marchés

La régulation  est nécessaire, mais son application fait l'objet de vents contraires.

 

D'un côté, les crises financières et bancaires ont montré l'urgence et la nécessité de la régulation.  Mais de l'autre côté, la régulation doit être mondiale si elle se veut efficace. Or l'accord entre Etats  est difficile à réaliser car tous n'ont pas la même conception du degré de régulation.

 

La règle de base est le contrôle des activités financières qui concernent le grand public. C'est le cas de la banque et dans une certaine mesure de la bourse. La régulation nationale dans ces deux domaines existe depuis longtemps. 

 

La régulation des marchés financiers - hors bourse -demandera  plus de temps, car il faudra harmoniser les philosophies divergentes du monde anglo-saxon - notamment américain - et du monde européen. 

 

Les choses se compliquent encore si l'on considère qu'il existe deux types de marché financiers: les marchés structurés, visibles, et les marchés dits "de gré à gré", qui le sont moins.

 

Les marchés de gré à gré s'appellent en anglais les OTC, abbréviation de over the counter, une expression imagée dit bien ce dont il s'agit: "par dessus le guichet". Le plus célèbre de ces marchés OTC est celui des CDS, les Credit Default Swaps, dont il est question dans le module SUBPRIMES du cours.

 

La question est vraiment philosophique: réguler oui, mais jusqu'où ?  Où est la "juste" frontière entre la protection de l'intérêt commun et la liberté créatrice.....  Et surtout, comment créer un accord mondial ?

 

 

 

 

 

 pour aller plus loin

 

Sans avoir peut-être tout compris, vous avez certainement saisi l'essentiel des marchés financiers.

 

Pour aller plus loin, il faut:
Creuser un peu le fonctionnement des banques.
Avoir une idée du crédit aux entreprises
Connaître les techniques de base des Banques d'Affaires.
Assimiler quelques principes d'économie.

Et pour bien comprendre certains de ces mécanismes, il faut un outil descriptif.
Cet outil, .... c'est le bilan, un outil plus facile à maîtriser qu'on ne le pense!

 

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 Pour continuer ce qui précède, vous pouvez 

consulter d'autres modules du cours ...

 

 (clic sur image) 

 

principes

d'économie

fonctionnement

des banques

autres
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MAJ



23/10/2014