l'euro

 

 

 

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  L’euro fort est-il responsable de la faiblesse du commerce extérieur français? Et pire encore, empêche-t-il par son existence-même toute dévaluation susceptible de corriger les écarts de productivité intra-européens? 

Si tel est le cas, il faudrait donc affaiblir l’euro pour dynamiser notre commerce extra-européen, voire en sortir pour rétablir notre compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne. 

La ou plutôt les dévaluations - celle de l’euro ou celle du franc après une sortie de l’euro - seraient ainsi les remèdes à nos difficultés. 

 

 

 

Les deux dévaluations - celle de l’euro ou celle du franc après une sortie de l’euro - sont ainsi présentées comme les remèdes à nos difficultés. Ces points de vue sont naturellement discutables. On peut contester l’impact de l’effet prix sur la demande extérieure des produits français, ou la capacité-même de baisser sensiblement le prix des exportations, sachant que ces dernières incorporent en moyenne 30% d’importations. Mais il n’est pas inutile de poser avant tout la question du possible.

 

Pourrait-on, si on le souhaitait, dévaluer l’euro ? Pourrait-on en sortir ?

Disons le tout de suite, la réponse est non aux deux questions, pour des raisons techniques, politiques et économiques.

 

On ne pourrait plus dévaluer l’euro comme on dévaluait le franc il y a trente ans, par décision unilatérale, mise en place d’un contrôle des changes, restriction des importations et intervention de la banque de France sur le marché des changes.

 

Le contexte est complètement différent. La force de l’euro découle principalement de son statut de monnaie de réserve, ce que le franc n’était pas. La Chine, la Russie et certains Etats du Golfe achètent des euros pour convertir leurs excédents dans les dettes souveraines européennes. Autant par confiance dans l’euro que par un souci de diversification par rapport au dollar. Il est clair que ces pays n’assisteraient pas les bras croisés à la dévalorisation de leurs avoirs.   

 

Techniquement et juridiquement, la dévaluation de l’euro devrait être pilotée par la BCE. Celle-ci ne pourrait pas agir en vendant des euros car les sommes nécessaires pour provoquer un résultat sont au-delà de ses moyens d’intervention.

 

Les seules armes possibles sont en fait

- les taux d'intérêts, ou plus exactement la différence des taux entre l'euro et le dollar. Et surtout il faudrait convaincre les marchés du maintien durable d'une telle différence.

- la planche à billets, c'est-à-dire l'augmentation rapide de la masse monétaire. A supposer que le Conseil de la BCE suive cette voie, le résultat durable n'est là non plus pas garanti. 

 

Quant au retour au franc et à sa dévaluation,  c’est une utopie. Qui pourrait envisager sereinement la fin du projet européen, le défaut inévitable de la France sur sa dette souveraine soudainement gonflée ? Sans parler du chaos social causé par la hausse immédiate des prix des produits importés, du pétrole notamment. 

 

 

 

 

 

Pourtant les différences de compétitivité sont bien réelles 

Que faire alors, et comment résoudre le problème bien réel des différences de productivité intra-européennes ? Sur le plan de la pensée économique, nous sommes en terra incognita, ou presque. La seule référence est celle des travaux de Mundell sur les zones monétaires optimales. C’est dans une union politique permettant des transferts budgétaires que ce prix Nobel d’économie voit la solution. Une solution inéluctable en Europe, à l’horizon de cette génération, ou de la suivante. La solution pratique a été montrée par l'Italie et l'Espagne: c'est ce qu'on appelle la dévaluation interne, la baisse des salaires. Une baisse momentanée au demeurant, le temps pour ces pays de retrouver une place entière à l'exportation.

 

  

Le retour en arrière est une utopie 

Il est facile pour certains commentateurs ou personnages politiques de condamner l'euro. Le non est toujours plus facile à "vendre" que le oui. La protestation rencontre toujours dans notre pays un accueil favorable. Ce genre de protestation est facile pour ceux qui savent qu'ils n'auront jamais à exercer les vraies responsabilités.

 

On s'est habitué à l'euro. la vie en France et en Europe s'est considérablement simplifiée pour ceux qui voyagent et surtout pour les entreprises. Cette habitude fait oublier que l'euro est un rempart et un symbole. Un rempart contre le prix élevé du pétrole. Un symbole d'unité entre les pays d'Europe.

 

Le  discours anti-euro doit être combattu pour son irréalisme. Il doit l’être aussi pour leur caractère anti-européen. Les plaidoyers pour la dévaluation de l’euro ou le retour au franc donnent en effet l’image en pointillé d’une Europe et d’une Allemagne déterminées à ne rien changer. Une Europe et une Allemagne finalement responsables des difficultés françaises.

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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01/03/2014