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En bref 

Oui, il faut soutenir nos banques européennes. Les banques américaines ont accru leur domination sur la scène internationale. Il n'y a que cinq banques européennes parmi les 20 plus grosses banques du monde. Avec la taille, c'est une influence plus grande sur les échanges. C'est le complément de la force du dollar.

Pour contenir la puissance dominatrice américaine, il faut renforcer les banques européennes, leur donner les moyens de lutter d(égal à égal.

 

 

introduction

Commençons par une "vue d'hélicoptère" pour situer les marchés dans le monde économique et bancaire. Ce qui apparaît immédiatement, c'est que les banques n'ont pas le monopole du recyclage de l'argent disponible et de l'épargne. Il faut compter aussi avec les marchés. Ce n'est pas une affaire de "concurrence" ou de substitution, mais de complémentarité.  

 

 

 

 

 

Ce schéma fait apparaître trois acteurs indépendants : les États, les Banques et les Marchés. 

 

Les États se préoccupent de la stimulation de l'activité économique, de manière à favoriser l'emploi et la création/redistribution des richesses. Le système bancaire, personnifié par les banques et les Banques Centrales, est au coeur de l'économie en ce qu'il permet la circulation de l'argent et le crédit. Les banques centrales contrôlent également l'inflation. 

  

 

 

 

 

 

qui ils sont  bourse, marché des changes,...

qu'est-ce qu'un titre  action, obligation

la France emprunte sur les marchés 

marchés et banques  complémentarités

la bourse introduction (version payante)

régulation pourquoi c'est compliqué 

pour aller plus loin 

 

 

 

 

 
 qui sont les marchés? 

Au sens général, les marchés désignent des lieux de rencontre d'acheteurs et de vendeurs. Il y a des marchés de biens, de produits consommables, de matières premières. Certains sont concentrés et localisés, à l’image des marchés de légumes ou du marché des matières premières de Chicago. D’autres sont disséminés, comme les marchés immobiliers, eux-mêmes subdivisés en marchés d’immobilier résidentiel et d’immobilier de bureaux.


Les marchés financiers sont des lieux – plus virtuels que réels– où s’échangent des « biens » financiers. Le plus connu de ces lieux est la bourse, où les biens échangés sont des actions.  

 

Depuis quelques années déjà, la Bourse de Paris n’est plus localisée dans le fameux Palais Brongniart. Paradoxalement, elle est plus connue depuis qu’elle est devenue virtuelle, car elle est à présent accessible à tous. 

Grâce à internet, chacun peut disposer chez soi d’une véritable« fenêtre » sur les bourses du monde entier. 

Aujourd’hui seules quelques bourses ont gardé une apparence physique. 

C'est le cas de la Bourse de New York, appelée le NYSE (New York Stock Exchange). Mais il faut savoir que le « gros » des échanges s’effectue de manière invisible sur des ordinateurs.


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Il existe autant de marchés financiers qu’il existe de produits financiers. En dehors de la bourse, le deuxième marché le plus connu est le marché des obligations, ou marché obligataire. 

 



 

 
 qu'est-ce qu'un titre

 

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 Un prêt, dans sa forme classique a le grand inconvénient d'être difficilement transférable d'un prêteur à l'autre. Exprimé sous forme d'un titre, appelé alors obligation, il devient au contraire très souple d'usage, sans pour autant changer le point de vue de l'emprunteur. L'action est une autre forme de titre qui présente des avantages surprenants.

 La meilleure introduction à la notion de titre consiste à de partir de la notion de prêt. Une notion qui fait pour ainsi dire partie de la vie courante, qu’il s’agisse de prêt immobilier, de prêt d’études ou de prêt pour l’acquisition d’un bien important, voiture ou autre.

 

Prenons l’exemple d’un prêt direct entre personnes, comme cela existe souvent, un prêt entre amis.

 

Imaginons un particulier héritant de cinquante mille euros, une somme dont il n’a pas l’emploi immédiat, et qu’il n’hésite pas à prêter à un très vieil  ami qui lui en fait la demande. Les deux amis conviennent d’un prêt remboursable en totalité à l’issue d’une période de cinq ans et porteur d’intérêts intermédiaires. Ils s’entendent pour garder une trace écrite de leur accord et rédigent un document ressemblant en tous points à un contrat de prêt. 

Les choses se passent bien, les intérêts sont payés aux échéances convenues. Mais  la troisième année, le prêteur découvre qu’il aurait bien besoin de ses cinquante mille euros car il doit faire face à une dépense imprévue. Impossible, moralement, de demander le remboursement anticipé du prêt à son ami, qui d’ailleurs ne le pourrait pas. Le prêteur n’a d’autre ressource que de s’adresser à son banquier.

 

C’est précisément pour faire face à ce genre de situation qu’une autre manière de faire les choses a été conçue. Plutôt qu’un contrat de prêt liant le prêteur et l’emprunteur, il aurait été plus simple d’établir un document signé par l’emprunteur et lui seul, précisant son engagement à payer au porteur cinquante mille euros à une date du futur et des intérêts sur cette somme. Quelque chose comme une reconnaissance de dette, mais sans mention de bénéficiaire.

 

Le prêteur aurait alors tout simplement « acheté » ce papier. L’avantage ? Le papier en question serait devenu immédiatement cessible. En d’autres termes, le prêteur aurait pu le revendre à tout moment, au bout de trois ans dans ce cas, sans aucune formalité. A condition bien-sûr de trouver un acheteur, c’est-à-dire quelqu’un disposé à prêter cinquante mille euros remboursable deux ans plus tard, et produisant l’intérêt fixé à l’origine. Difficile ? Peut-être, sauf si on imagine que les taux d’intérêts ont baissé sur la période écoulée, auquel cas le « placement » sur deux ans au taux d’origine devient avantageux. .

 

Le papier cessible qu’auraient pu imaginer nos deux amis est l’ancêtre de ce qu’on appelle aujourd’hui - pour les entreprises et les États - une Obligation.

 

Le succès des obligations est phénoménal: il y a dans le monde énormément d’entreprises et d’États qui ont besoin d’argent. Et il y a en face énormément d’autres entreprises, d’États et d’institutions qui ont de l’argent disponible. Cette demande et cette offre se rencontrent chaque jour sur un « marché » appelé marché obligataire.

 

Les prêteurs, du fait de leur nombre sont toujours sûrs de pourvoir revendre les obligations achetées, avec, en prime, la possibilité de faire un bénéfice.Cette souplesse considérable explique l’immense succès de cette forme de prêt. Les volumes quotidiens avoisinent les milliers

de milliards d’Euros! Comme beaucoup d’inventions financières, celle-ci repose sur une observation de bon sens : un prêteur sera d’autant plus disposé à prêter qu’il sait qu’il n’est pas lié à l’emprunteur, et qu’il peut récupérer sa mise à tout moment sans gêner l’emprunteur.

 

Mais il y a mieux encore !

 

Ce mieux c’est l’emprunt qui n’est jamais remboursé par l’emprunteur, et que pourtant le prêteur peut néanmoins récupérer à tout moment.

 

Ce miracle, c’est la bourse ! Voyons cela. Une entreprise qui a besoin d’argent pour financer un investissement – recruter ou acheter des machines – a le choix entre trois solutions : elle peut souscrire un crédit bancaire, émettre des obligations ou aller en bourse. Un crédit bancaire doit être impérativement remboursé. Une émission obligataire aussi …. sauf qu’il y a un moyen de l’éviter !

 

Par exemple en émettant, le jour du remboursement, de nouvelles obligations pour le même montant que celles qui sont arrivées à échéances. L’argent « frais » ainsi obtenu permet le remboursement des obligations précédentes. L’opération est neutre pour l’entreprise. Un emprunteur bien connu le fait chaque semaine, ou presque ! Cet emprunteur c’est …l’État français.

 

Pour les actions c’est beaucoup plus simple. Les actions émises ne sont jamais remboursées … par l’entreprise. Sauf cas exceptionnel, lorsqu’une entreprise est dissoute, ce qui n’arrive jamais ou presque, ou, cas très rare aussi, lorsque l’entreprise rembourse pour partie les actionnaires.  En fait ce sont les actionnaires qui décident.

 

Mais comment ceux qui achètent des actions acceptent-ils de n’être jamais remboursés ?  La réponse est : ils savent qu’ils ne seront jamais remboursés par l’entreprise, mais ils pourront revendre leurs actions à tout moment sur le marché, c’est-à-dire en bourse. Avec là-aussi, comme pour les obligations l’espoir de gagner plus, mais aussi de perdre.

 

 

Voilà tout simplement exposé le principe du marché. Avec en prime, l’explication du mécanisme de la titrisation ! En effet transformer un crédit classique en titre cessible, en jargon, s’appelle titriser ce crédit.

Tout ceci mérite naturellement des explications complémentaires, mais la route est tracée, pourrait-on dire.  Et loin d’être déconnectés des entreprises, les marchés en expliquent au contraire le formidable essor.
 

 

 

 

 

 

 

 
la France emprunte sur les marchés

Pour bien comprendre l'utilité et le fonctionnement des marchés, partons d'une réalité que chacun connait, l'endettement de la France. La traduction concrète de cet endettement est simple: chaque semaine, un service spécialisé de l'Etat emprunte entre 5 et 10 milliards d'euros. Ces emprunts sont matérialisés par des obligations au porteur.


à qui empruntons-nous ?
ceux qui prêtent à la France le font à travers des marchés. Ils pourraient le faire directement, on verra pourquoi ils préfèrent passer par des marchés.

 

Qui sont ces prêteurs qui achètent les obligations émises par le Trésor français? Toutes les institutions de France et d'ailleurs qui ont durablement ou épisodiquement de l'argent à placer. Institutions privées ou publiques, on les appelle des investisseurs. Ces investisseurs pourraient placer cet argent dans les banques, certaines de ces institutions le font aussi. C'est une affaire de préférence. Beaucoup préfèrent faire des placements en bourse, acheter des obligations, prendre des participations dans des entreprises. Ou simplement confier leur argent à des organismes spécialisés qui feront des placements en leur nom.  On trouve ainsi des compagnies d'assurances, des fonds de pension, des Etats souverains détenteurs d'excédents, des fonds de placement, etc ...

 

 

 

 

pourquoi passer par les marchés ?

Le marché présente des avantages considérables, pour celui qui prête comme pour celui qui emprunte. Le principal avantage est lié au nombre de participants.



 

  

 

 

marchés financiers et banques 

point de vue de l'entreprise.


Prenons l'exemple d'une e

point de vue macro-économique

 

Le système bancaire est insuffisant pour couvrir les besoins de financement de l'économie.

 

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Comme on peut le voir, la contribution des marchés est de 70% aux Etats-Unis. La proportion est inverse en Europe, soit 70% pour les banques et 30% pour les marchés.

 

limites du système bancaire

 

L'insuffisance du système bancaire tient à deux éléments:

 

Sur le plan quantitatif, les banques sont limitées par leurs fonds propres. Pour ne pas mettre en danger les dépôts de la clientèle, elles ne peuvent pas prêter plus qu'un multiple de ces fonds propres.

 

Sur le plan qualitatif, les banques sont limitées dans la natures des risques qu'elles prennent. Elles ne peuvent pas financer des start-up, par exemple, pour la même raison que précédemment, ne pas mettre en danger les dépôts de la clientèle.

 

L'importance relative du financement par les marchés aux États-Unis s'explique simplement par le nombre et le dynamisme des entreprises américaines.

 

 

 

 

 

 

 

 

  
régulation des marchés

La média et les "politiques" répètent sans cesse que la régulation  est nécessaire.... et constatent aussitôt que son application est difficile, car elle fait l'objet de vents contraires.

 

D'un côté, les crises financières et bancaires ont montré l'urgence et la nécessité de la régulation. Mais de l'autre côté, la régulation doit être mondiale si elle se veut efficace. Or l'accord entre Etats est difficile à réaliser car tous n'ont pas la même conception du degré de régulation.

 

La règle de base est le contrôle des activités financières qui concernent le grand public. C'est le cas de la banque et dans une certaine mesure de la bourse. La régulation nationale dans ces deux domaines existe depuis longtemps. Depuis 2015, la régulation bancaire devient européenne entre les pays de la zone euro.

 

La régulation des marchés financiers - hors bourse - demandera  plus de temps, car il faudrait harmoniser les philosophies divergentes du monde anglo-saxon - notamment américain - et du monde européen. 

 

Les choses se compliquent encore si l'on considère qu'il existe deux types de marchés financiers: les marchés structurés, visibles, et les marchés dits "de gré à gré", qui le sont moins.

 

Les marchés de gré à gré s'appellent en anglais les OTC, abbréviation de over the counter, une expression imagée dit bien ce dont il s'agit: "par dessus le guichet". Le plus célèbre de ces marchés OTC est celui des CDS, les Credit Default Swaps, dont il est question dans le modules SUBPRIMES et SHADOW BANKING.

 

La question est vraiment philosophique: réguler oui, mais jusqu'où ?  Où est la "juste" frontière entre la protection de l'intérêt commun et la liberté créatrice.....  Et surtout, comment créer un accord mondial ?

 

la régulation un voeu pieu ?

 

Un autre point de vue est le suivant: le besoin de régulation des marchés est peut-être mal engagé. C'est essentiellement la crise des subprimes qui a poussé le monde politique a s'emparer du sujet. La crise des subprimes est en effet à l'origine de la crise financière puis de la crise économique qui a lourdement pesé sur l'activité des pays développés.

 

Une erreur de diagnostic semble toutefois avoir été commise. La crise des subprimes n'est pas due à l'absence de régulation mondiale des marchés, mais à l'attitude du gouvernement américain, plus exactement du Ministère du Logement qui a laissé le flou se maintenir quant à la garantie fédérale couvrant les crédits subprimes. Le jour où le monde financier a réalisé que le gouvernement ne couvrait plus ces  crédits, la panique s'est emparée des détenteurs d'obligations composées à partir de crédits subprimes.  Le doute a été plus fort que tout.

 

Ce sujet est abordé sans le module subprimes consacré à ce sujet.   

 

 

 

 

 

 

 pour aller plus loin

 

En parcourant cet extrait, vous avez pu vous faire une idée de la CLARTÉ des explications sur le vaste sujet des marchés.

 

Le point important est de bien voir la complémentarité entre banques et marchés, ce qui n'est peut-être pas évident en première lecture.

 

Il peut être utile de creuser le fonctionnement des banques et la notion de bilan avant de revenir sur ce chapitre. On pourra alors enchaîner avec des sujets  comme la titrisation ou les subprimes évoqués ci-dessus.

  

  

 VOIR D'AUTRES EXTRAITS  (clic sur image)   

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MAJ 15/06/2017



30/09/2018