politique de l'offre

 

 

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Relancer l'économie, réduire le chômage et l'endettement, comme de nombreux pays du monde occidental, la France est confrontée à ces problèmes, prioritaires au plan politique et social. De vives controverses entourent les solutions à mettre en oeuvre. Deux conceptions des mesures à prendre s'opposent, deux options de la politique à mener, politique de l'offre ou politique de la demande. 

 

La réduction durable du chômage repose sur la création de nouveaux emplois dans les entreprises et donc sur l'augmentation de l'investissement. L'action volontariste de l'État sur ce plan consiste en des mesures incitatives comme les allègements de charges ou de fiscalité, destinées à donner des moyens financiers accrus. Cette politique visant directement le renforcement des capacités productives des entreprises s'appelle la politique de l'offre.

Elle s'oppose à la politique de la demande consistant, pour l'État à agir de manière indirecte en favorisant la demande globale de biens et de services en direction des entreprises. Cette politique de la demande est mise en oeuvre par l'augmentation du pouvoir d'achat des consommateurs et aussi par le lancement de commandes publiques.

Dans les deux cas de figure, l'État choisit de dépenser plus, ou de diminuer ses recettes, ce qui revient au même, et donc dans tous les cas la dette augmente. Accepter une nouvelle augmentation de la dette de manière à permettre des nouvelles dépenses productives, lesquelles permettront ensuite un désendettement plus rapide peut paraître de bon sens.

C'est oublier les multiples contraintes pesant sur ces choix: la conjoncture sociale, la charge croissante des intérêts de la dette, l'incertitude sur le comportement des marchés et l'engagement français dans la construction européenne.
 

 

 

politique de l'offre favoriser l'investissement

politique de la demande favoriser la consommation

la controverse 

pour aller plus loin

 

 

 

 

 

 

 

 

politique de l'offre  favoriser l'investissement

 POLITIQUE DE L'OFFRE :  l'État aide directement les entreprises.  

 

Les entreprises  créent des richesses et des emplois. 

 

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Les emplois publics sont une solution temporaire, socialement bienvenue en période de chômage intense et leur avantage est dans la rapidité de mise en place. C'est une caractéristique d'importance car la reprise des investissements donc de l'emploi dans les entreprises après une période de récession est un processus lent.

 

Préserver, encourager, faciliter les investissements des entreprises reste au coeur de la politique à moyen et long terme de l'État. La controverse porte sur la meilleure manière d'atteindre cet objectif. 

 

   

 

L'aide aux entreprises prend plusieurs formes. . Elle peut se cumuler avec une baisse des charges et de l'impôt appliquée à l'ensemble des entreprises.         

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On peut s'interroger sur l'efficacité réelle de cette politique qui ne peut être mesurée que dans la durée. Toutes les entreprises ne traduisent pas immédiatement les allègements de charges et de fiscalité en investissements générateurs d'emplois nouveaux.

 

Une partie de l'opinion a pu s'émouvoir des "cadeaux sans contrepartie" et ignorer complètement l'aspect positif des mesures. Il est certain que certaines entreprises ont profité d'un effet d'aubaine, c'est-à-dire qu'elles avaient de toute façon prévu d'investir et qu'elles avaient les moyens de le faire. D'autres entreprises n'ont pas investi ou n'ont pas recruté, immédiatement, ce qui n'exclut pas qu'elles le fassent plus tard.

 

Même dans cette hypothèse, la politique de l'offre s'accompagne d'un élément psychologique d'importance, le regain de confiance général des entreprises, essentiel pour créer un élan. Les expériences récentes des pays européens concernés ont ainsi toutes montré les effets positifs sur l'emploi de la politique de l'offre..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

politique de la demande favoriser la consommation

 POLITIQUE DE LA DEMANDE l'État augmente le pouvoir d'achat des consommateurs 

 

L'aide à l'activité des entreprises peut aussi s'exprimer  de manière indirecte. C'est le cas des mesures d'amélioration du pouvoir d'achat des consommateurs, mesures qui se traduisent en demande additionnelle de biens et de services, donc en un supplément d'activité pour les entreprises. Techniquement, cette politique consiste à baisser la fiscalité directe sur les ménages, à relever le salaires des fonctionnaires et à augmenter le smic, sachant que toute hausse du smic induit une hausse générale des bas et moyens salaires. Alternativement ou en complément, l'État peut choisir d'augmenter ses propres achats par le biais des commandes publiques, ciblées sur certains secteurs-clés comme le bâtiment et la construction.

 

 

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Cette politique, électoralement attractive et facile à mettre en oeuvre, présente l'inconvénient d'une moindre efficacité sur l'emploi que la précédente et entraîne surtout des effets secondaires négatifs.
 

 

 

limite de la politique de la demande

La politique de la demande est moins efficace que la politique de l'offre car il y a des "fuites": l'aide financière aux "ménages" c'est-à-dire aux consommateurs ne parvient pas en totalité aux entreprises. 

 

En d'autres termes, un euro d'aide ne se traduit pas par un euro de chiffre d'affaires supplémentaire pour les entreprises. Il faut en effet tenir compte de l'épargne et de la préférence des consommateurs pour les produits étrangers..

 

Une partie de cette aide, plus de 50%, finance des importations de produits de consommation. La raison est soit l'incapacité des entreprises à faire face rapidement à une augmentation de la demande, soit la préférence des consommateurs pour des produits qui ne sont pas ou plus fabriqués en France.  

  

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C'est le cas de nombreux produits électroniques, comme les ordinateurs et les téléphones ou l'équipement des foyers, c'est-à-dire la plupart des produits dits "noirs" ou "blancs"Plus généralement, l'ensemble des produits dits "grand public", y compris dans le domaine du textile, est concerné par le phénomène du "low cost" qui s'applique aux produits certes de moindre qualité mais bien moins chers car fabriqués dans des pays à faibles coûts.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

la controverse  le problème de la dette

La question de l'efficacité de la dépense publique est essentielle en situation d'endettement élevé. Il faut considérer en effet que le budget français est "déjà" en déficit, de sorte que toute dépense supplémentaire est financée par l'emprunt.

 

Un niveau élevé de dettes n'est pas tenable dans la durée car le paiement des intérêts représente une lourde charge. La situation exceptionnelle des taux négatifs en 2015-2016 ne s'applique qu'aux échéances de courte durée. Outre le risque de taux, le risque de liquidité est également à prendre en compte. Derrière cette expression, il faut entendre le risque de ne plus trouver de prêteurs disposés à financer l'État français, même si aujourd'hui ce risque peut paraître théorique.

 

Si les taux ont été en effet très bas, et même négatifs, sur la période 2014-2017, nous ne sommes pas à l'abris d'une remontée brutale. Pour avoir un ordre de grandeur, 1% en plus, sur une dette de  2000 milliards d'euros, c'est 20 milliards d'euros en plus pour les contribuables français! 

 

Ce problème des taux d'intérêt et plus généralement la fragilité française vis-à-vis des marchés ne sensibilisent pas l'opinion publique. Il est vrai que la politique de la BCE et la force de l'euro contribuent à protéger la France car ces deux éléments rassurent les marchés. 

 

Sur le plan historique, la politique de la demande, théorisée par Keynes dans les années 30, est à l'origine du New Deal de Roosevelt, une politique qui a permis le redressement économique des États-Unis après la grande crise. La politique de l'offre quant à elle repose sur les travaux d'économistes comme Say et Ricardo, et le meilleur exemple de son application se situe dans les années 1970 sous la présidence de Reagan. La relance dite keynésienne a encore ses adeptes aujourd'hui du fait de ses effets positifs pour la population. Il est toutefois reconnu que la mondialisation des échanges a considérablement réduit son efficacité économique même si, en pratique, les gouvernements occidentaux s'efforcent de combiner les deux politiques.

 

  

 

 

 

 

 

pour aller plus loin 

 

Pour aller plus loin, on peut consulter utilement les développements ci-dessous :

 

 

 

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MAJ



04/06/2016