1er Cours

  

 

 

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bank of America.jpg Ce qui suit est le premier cours, consacré aux banques et aux marchés. Comprendre le fonctionnement global de ces institutions est une étape essentielle pour la suite.
Une étape motivante car il n'y a rien de compliqué, contrairement à l'idée qu'on peut s'en faire. La notion de bilan est également abordée: un outil essentiel pour bien "voir" la gestion des entreprises et des banques. 
 
 
 
 

 PLAN DU PREMIER COURS

     

1-BANQUE  FINANCE  ÉCONOMIE

Les trois pouvoirs: Banques Centrales, Etats, Marchés

2-DEVINER QUI FAIT QUOI  

Un exercice pour deviner l'activité d'une entreprise

3-DANS LES COULISSES DES BANQUES

Circuits monétaires, banque centrale

4-LE BILAN FACILE (1)

Comprendre le bilan d'une start-up et ... un mot du cash-flow

5-LA FRAGILITÉ  BANCAIRE

Des exemples de banques en difficulté

6-COUP D'OEIL SUR LES MARCHÉS FINANCIERS

Qui sont-ils, à quoi servent-ils?

TESTEZ-VOUS  

Quizz et bilan personnel

APERÇU DES COURS SUIVANTS

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RETOUR A L'ACCUEIL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1-BANQUE FINANCE ÉCONOMIE  schéma global

       

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Banque, Finance, Économie ces trois sujets forment un tout: il n'y a pas la banque, puis les marchés et plus loin l'économie. Dans le monde réel, ces domaines se mélangent. Le survol du système financier permet de visualiser l'environnement de l'entreprise.

Ce premier chapitre montre les relations entre les grands acteurs du monde économique. Il fait notamment apparaître le rôle des  marchés, très présents dans le financement de l'économie puisque tous les acteurs y ont recours, les entreprises, les banques et ... les États.  

   

 
Commençons par une "vue d'hélicoptère" pour situer les marchés dans le monde économique et bancaire.
 
Ce qui apparaît immédiatement dans le schéma ci-dessous, c'est que les banques n'ont pas le monopole du financement des entreprises. Il faut compter aussi avec les marchés. Ce n'est pas une affaire de "concurrence" ou de substitution, mais de complémentarité.   

 

Trois acteurs indépendants apparaissent:  les États, les Banques et les Marchés. 

 

Les États se préoccupent de la stimulation de l'activité économique, de manière à favoriser l'emploi et la création/redistribution des richesses. 

 

Le système bancaire, personnifié par les banques et les Banques Centrales, est au coeur de l'économie en ce qu'il permet la circulation de l'argent et le crédit. Les banques centrales contrôlent également l'inflation. 

 

Les Marchés complètent l'action des banques dans le domaine du recyclage de l'épargne et de la couverture des risques. Par ailleurs, en organisant la libre confrontation de l'offre et de la demande, ils jouent un rôle majeur dans la fixation des prix de toute nature: matières premières, devises, valeur des entreprises, dettes... 

 

 

Ce diaporama  (clic) explique pas à pas la construction du schéma.

 

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Que retenir ?

 

D'abord le fait que les marchés financent tout le monde ! Tout le monde, c'est-à-dire les entreprises, les Etats, ... et les banques. Pourquoi cela, pourquoi ce "double" circuit des banques et des marchés? La réponse est  dans leur complémentarité, une notion qui n'est pas évidente à première vue. 

Cette notion de complémentarité est développée ci-dessous et reprise dans plusieurs modules du cours.  Elle concerne en effet autant les investisseurs que les entreprises.

 

Cette présentation laisse aussi dans son sillage de nombreuses questions en suspens, comme par exemple: 

 

- qu'est-ce que le marché interbancaire?

- pourquoi cette importance des marchés dans le financement de l'économie, alors que le      crédit aux entreprises est l'activité principale des banques?

- pourquoi les banques centrales  ont-elles tant de difficulté à maintenir l'inflation dans des    limites étroites, à relancer l'activité économique, etc ...

- pourquoi le contrôle des banques est-il si important?

- pourquoi, malgré ce contrôle, les risques de crise ne sont pas totalement écartés? 

     

Ces quelques questions montrent, si besoin était, les liens existant entre les sujets habituellement séparés: banque, finance, économie.

 

On ne peut pas dissocier l'étude des finances de l'entreprise et l'étude du fonctionnement des banques. L'analyse des logiques de fonctionnement des unes et des autres conduit tout naturellement à comprendre l'étape suivante, la complémentarité des banques et des marchés. Ce sujet est abordé plus bas.

 

 

 

 

 

 

  

2-DEVINER QUI FAIT QUOI

 

Avant toute choses, un petit exercice de ... comptabilité! Oui, la comptabilité n'est pas seulement cette matière jugée austère et réservée aux spécialistes. C'est aussi un outil très utile pour comprendre ce qui se passe dans les entreprises.

 

Dans ce petit exercice il ne s'agit pas de faire de la comptabilité mais de l'interpréter, et plus précisément d'interpréter des bilans.

 

Le but est de montrer qu'il est possible de comprendre l'utilité du bilan sans connaissances préalables. N'hésitez-pas à reprendre plusieurs fois les explications. Tout est affaire de bon sens!

 

 

Trois bilans différents sont donc proposés (plus exactement trois moitiés de bilans). L'exercice consiste à deviner ce qu'ils représentent, à quels types d'entreprises ils correspondent.

 

Quelles sont les activités des Sociétés A, B et C  

 

 

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Mais d'abord quelques explications sur le bilan de départ, le bilan 1.

 

Les rectangles de couleur sont plus ou moins grands selon l'importance des chiffres. Ce sont bien évidemment leurs proportions qui nous mettront sur la piste. 

 

A noter que immob, qui veut dire "immobilisations", représente les machines et les bâtiments. Quant aux stocks, il s'agit d'une part des produits finis en attente d'être vendus et d'autre part des achats externes nécessaires à la production (matières premières ou pièces détachées).

 

 

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Ce BILAN 1  est celui d'une entreprise "classique", qui fabrique et vend des produits. ON NE VOIT QUE CE QU'ELLE POSSÈDE, SON ACTIF EN LANGAGE COMPTABLE. 

 

ON PEUT DÉJÀ DIRE QUE CETTE ENTREPRISE VEND DES BIENS À D'AUTRES ENTREPRISES, DES BIENS INDUSTRIELS. POURQUOI ? PARCE QUE LE POSTE CLIENTS EST RELATIVEMENT IMPORTANT. ET SES STOCKS AUSSI.

 

Qu'est-ce que le poste clients? Tout simplement le total des factures en attente de paiement. Il ne s'agit pas de retard de paiement, mais du fait qu'un délai a été consenti pour le paiement. D'habitude, ce délai est de 3 ou 6 mois et ne concerne que des clients qui sont eux-même des entreprises

 

CETTE ENTREPRISE EST DANS CE QU'ON APPELLE LE B2B, ABRÉVIATION IMAGÉE DE BUSINESS-TO-BUSINESS. CETTE FORMULE S'OPPOSE A B2C, BUSINESS TO CONSUMER.

 

 

Voyons le bilan suivant:

 

 

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BILAN 2- A GAUCHE UNE AUTRE ENTREPRISE, DONT LA STRUCTURE D'ACTIF EST DIFFÉRENTE, TRÈS DIFFÉRENTE MÊME .... QUELLE EST SON ACTIVITÉ ? 

 

VOYONS ....

- PEU D'IMMOBILISATIONS, des locaux qui lui appartiennent sans doute

- PAS DE STOCKS, donc elle ne produit pas de biens physiques; c'est une société de services.

- UN ÉNORME POSTE "CLIENTS" 

Cette entreprise de services qui détient un gros volume de crédits CLIENTS, c'est  ............. mais oui .... 

 

  ***RÉPONSE***           

 

 

 

PLUS DIFFICILE: 

 

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QUEL TYPE D'ENTREPRISE PRÉSENTE LE BILAN 3 ?

 

La question est plus difficile car il y a plusieurs solutions possibles. 

VOYONS:

- cette entreprise a des STOCKS, donc elle vend des produits.

- il est peu probable qu'elle les produise car elle a PEU d'IMMOBILISATIONS, donc à priori peu ou pas de machines.

- le plus étrange: un CASH énorme, et peu de CRÉDIT CLIENTS. On pourrait penser qu'elle vend principalement à des clients qui paient comptant. Donc à des particuliers. 

C'est l'hypothèse la plus plausible.

 

Donc cette entreprise est vraisemblablement ..... 

 

 ***RÉPONSE***           

 

 

 

 

 

 

3-DANS LES COULISSES DES BANQUES

   

Comment se situe la banque dans la construction du cours

 

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les circuits de l'argent

RÉSUMÉ 

Les banques remplissent trois fonctions de base nécessaires à l'économie: les transferts d'argent, les dépôts et le crédit. Le marché interbancaire permet chaque jour aux banques excédentaires de prêter à celles qui sont en déficit de liquidités. En amont des banques, la banque centrale (ici la BCE, Banque Centrale Européenne) veille à l'alimentation correcte du circuit monétaire et régule le volume des crédits distribués par les banques. La banque centrale joue donc un rôle financier et un rôle économique. L'importance du marché interbancaire et de son bon fonctionnement illustre deux points importants: la fragilité du système bancaire et la solidarité forcée des banques entre elles.

  

Il faut se représenter le système bancaire comme un ensemble de tuyauteries invisibles reliant entre eux tous les acteurs de l'économie. Grâce aux banques, l'argent se déplace dans les circuits sous forme électronique et se concrétise à certains endroits en billets. 

 

Dans ce système il y a des points d'entrée  et des points de sortie. Les distributeurs de billets installés par centaines dans le paysage urbain sont des points de sortie d'argent, tout comme les fontaines d'autrefois étaient des points de sortie d'eau.     

  

Les cartes de crédit utilisées dans les distributeurs de billet permettent en outre de faire des paiements directs, sans billets. Légères et mobiles, elles sont d'une grande simplicité d'usage. Leur principal avantage est d'éviter le transport et la manipulation de liasses de billets. Derrière cet instrument de la vie de tous les jours, il y a ce qu'on ne voit pas, mais que l'on peut deviner, le système financier, dont les banques sont des opérateurs de premier plan.  fontaine7.jpg


Pour reprendre l’analogie avec la distribution d’eau, les banques remplissent une double fonction de réservoir et de pompe. Elles stockent et font circuler l’argent nécessaire à l’économie. L'argent tourne. Comme nous pouvons le constater, chaque utilisation de carte de crédit entraîne tôt ou tard la  diminution de notre réserve bancaire. Notre réserve disponible est inscrite dans un compte, lequel est alimenté par un flux d'argent d'origine diverse, le plus souvent un salaire.

 

 

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Globalement, la banque gère l’ensemble des dépôts de ses clients. Loin d’être constante, cette masse d'argent fluctue considérablement d’un jour à l’autre, en fonction des besoins des détenteurs de comptes, besoin de paiements, tirage des crédits ou besoins de stockage.

 

 

l'entraide des banques 

Dans cet exemple, certains flux sont prévisibles, puisque les salaires sont par exemple payés à date fixe. Mais il faut se représenter aussi tous les flux imprévisibles. Ces flux imprévisibles correspondent aux retraits soudains des particuliers ou des entreprises, à la réception des acomptes sur commandes pour une entreprise, aux rappels d’impôt à payer, etc…

 

Les banques font  face chaque jour à cette imprévisibilité des opérations des clients. Elles n’ont donc jamais exactement en caisse l’argent disponible correspondant à leurs besoins. A contrario, elles n’ont jamais l’emploi immédiat des sommes que ceux-ci déposent.

 

Cette situation de fluctuation permanente des excédents de ressources ou des besoins de ressources est encore amplifiée par le phénomène du crédit. L'argent prêté par la banque à certains clients  provient des dépôts et de l'épargne des autres clients. Cet argent disponible permet d'accorder des crédits, mais il est bloqué pour longtemps.

 

En fin de journée, au moment de faire leurs comptes pourrait-on dire, chaque banque se retrouve donc soit avec un excès d’argent disponible, soit au contraire avec un manque.

 

  

le marché interbancaire 

C’est ici qu’intervient un élément capital, invisible, mais indispensable au bon fonctionnement du monde bancaire. La complémentarité des besoins d’une banque à l’autre a en effet donné naissance à un système de solidarité et de facilités mutuelles. C’est le marché interbancaire, compartiment du marché monétaire (les deux termes sont souvent confondus).

 

 

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Sur le marché interbancaire, les banques se prêtent entre elles chaque jour des sommes considérables. Ces échanges ne sont pas improvisés et font au contraire l’objet de règles rigoureuses.  

  

Au jour J

 

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Au jour j+1

 

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Grâce au marché interbancaire, les banques qui ont des besoins importants savent qu'elles peuvent compter sur d'autres banques pour les couvrir. Il en est de même de celles qui ont des excédents, et qui sont assurées que cet argent disponible ne "dormira" pas, mais au contraire leur rapportera des intérêts. Une banque peut être emprunteuse un jour et prêteuse le lendemain, ce qu’illustre le schéma ci-dessus. 

 

 

Une précision technique qui ne change rien à cet état de fait: les banques ont d'autant plus besoin du crédit interbancaire qu'elles pratiquent ce que l'on appelle la transformation. Résumé d'une phrase, les banques empruntent court et prêtent long.

Pourquoi ? Pour profiter de l'écart de taux entre le court terme et le long terme. Cet écart est en leur faveur, sauf situation exceptionnelle d'inversion de la courbe des taux. La contrepartie du risque pris est un supplément de rentabilité. Conséquence: à chaque fin de prêt court terme, la banque rembourse en souscrivant un nouveau prêt court terme de même montant et ainsi de suite jusqu'au remboursement définitif du crédit consenti au client. Cela explique la très grande activité et la très grande importance du bon fonctionnement du marché interbancaire. 

 

 

 

illustration

 

A tout moment, une banque peut être à la fois emprunteuse et prêteuse sur le marché interbancaire. La raison en est qu'il s'agit d'emprunts et prêts de durées différentes.

 

Ceci peut être observé dans le rapports annuels des banques, visibles sur internet. La terminologie d'usage dans ces rapports est "Prêts et avances sur les Etablissements de Crédit", ou "Dettes envers les Etablissements de crédit". 

 

A noter que ces montants n'ont rien d'immuables, comme cela a été dit. Les valeurs indiquées correspondent à la date du rapport, soit le 31 décembre de l'année pour le rapport annuel.

 

 

 

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CRISE : imaginez une seconde que pour une raison ou une autre, le marché interbancaire soit bloqué. Des banques parfaitement saines feraient faillite faute de ressources immédiates. Le mécanisme toucherait par cascade un grand nombre de banques... Impossible ? Pas du tout, nous avons frôlé cette situation en 2008, dans le contexte des subprimes.... 

 

la banque centrale vérifie les niveaux

Le système décrit est idéal en ce qu’il suppose que les excédents d’une partie des banques couvrent exactement les besoins des autres. La réalité est un peu différente. Et même très différente si l’on pense au crédit. Le système est alors susceptible d’être déficitaire, si les crédits distribués à un moment donnés dépassent l’épargne disponible.

 

C’est alors que la banque centrale intervient pour faire l’appoint, pourrait-on dire. Cet appoint se fait en volume et en TAUX.

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En fait, la banque centrale ne se limite pas à ce rôle de contrôleur qui se contente de vérifier la bonne alimentation du système en liquidité.

 

Elle peut agir aussi de son propre chef et décider soit de "sur-alimenter" les circuits, soit au contraire de retirer une partie des liquidités des circuits bancaires. Dans le premier cas, le but recherché est de faciliter le crédit. Elle peut alors choisir aussi de baisser les taux d'intérêts, de moduler les taux en fonctions des durées, donc piloter de manière précise la distribution du crédit à l'économie.

 

Dans le deuxième cas, son objectif est au contraire de limiter les crédits à l'économie, de manière à éviter une surchauffe et à lutter contre l'inflation..  

 

 
 

  

quizz:  vrai ou faux ?

a-   Les banques accordent des crédits à hauteur des dépôts des clients, sans plus.

b-   Les marchés sont une alternative au crédit bancaire pour financer les entreprises.

c-   Les banques ne pourraient pas fonctionner sans la banque centrale

d-   Les banques peuvent poser un problème d'ordre public.

e-   La Bank of Cyprus (Chypre) a perdu en 2013 l'argent des actionnaires et des clients.

f-    Seules les banques mal gérées empruntent sur le marché interbancaire 

g-   Le blocage du marché interbancaire entraîne la faillite des banques

h-   Qu'est-ce qui peut provoquer ce qu'on appelle "la ruée sur les guichets" ?

 

 L'important bien sûr n'est pas la réponse proprement dite, mais la réflexion suggérée par les questions.

 

Voir  le  CORRIGÉ  du quizz. 

 

   

 

 

En résumé, les banques remplissent trois fonctions de base nécessaires à l'économie: les transferts, les dépôts et le crédit.

Le marché monétaire  permet aux banques excédentaires de prêter à celles qui sont au contraire en déficit de liquidités. 

En amont des banques, la banque centrale veille à l'alimentation correcte du circuit monétaire et régule le volume des crédits distribués par les banques. La banque centrale joue donc un rôle financier et un rôle économique.

 

Nous reviendrons sur ces notions dans le module consacré au décryptage de l'actualité. Mais auparavant, il n'est pas inutile de faire un détour par la comptabilité pour une première découverte du bilan. Pourquoi ? Parce que le bilan dit tout ou presque de l'activité d'une entreprise ou d'une banque. C'est l'outil le plus simple, le plus imagé et le plus utile pour comprendre comment une entité est gérée.

 

 

 

 

 

 

 

 

4- LE BILAN FACILE start-up

   

compta 3.jpg Ce qui suit est une initiation au bilan, pas un cours de comptabilité. Comme vous allez vous en rendre compte, comprendre la construction d'un bilan ouvre des portes insoupçonnées, et surtout, c'est possible sans connaissances préalables. Le bilan est considéré ici comme un langage descriptif... un langage universel, qui obéit à des règles simples. Hommage à ses inventeurs, et notamment aux banquiers italiens du XVème siècle à qui l'on doit (presque) tout ! 

RÉSUMÉ

Avoir en tête les grandes masses du BILAN est un MUST pour comprendre énormément de choses, au delà-même du domaine de l'entrepriseC'est un must pour comprendre les problèmes de gestion des banques. C'est un must pour comprendre comment les fonds et les hedge funds sont construits. Pour comprendre les enjeux de la réglementation bancaire ou l'impact des décisions de la BCE.

Oui, les banques et la BCE! Quand on a compris comment est construit un bilan d'entreprise, on fait d'une pierre deux coups, car il est très facile ensuite de passer au bilan d'une banque ou de n'importe quelle structure.

Les deux piliers de la comptabilité sont le bilan et le compte d'exploitation, ce dernier étant aussi appelé compte de résultats. Dans ce cours, nous commençons par le bilan. Il est important de comprendre sa philosophie, comment il est construit, son utilité. Pour cela, nous allons suivre pas-à-pas la création d'une start-up. Son bilan, établi progressivement, va faire apparaître les différents problèmes qu'elle va rencontrer tout au long de de son développement .  

  

Un mot sur le cash-flow

Ah le cash-flow! Les écoles de commerce s'obstinent étrangement à lui donner une importance qu'il n'a pas dans la vie réelle. Et en plus il n'est pas souvent compris. Bien qu'étudié seulement vers la fin du cours  INFOFI2000, il parait nécessaire d'en parler un peu ici, car c'est une des questions les plus posées sur Google.

 

Le trouble des étudiants français tient à ce que le mot cash-flow, en anglais, a deux sens. Le premier c'est cash-flow comme en français, c'est-à-dire un élément calculé à partir du compte d'exploitation. Le second c'est trésorerie, ce qui n'a rien à voir. La trésorerie s'analysée à partir du bilan.

 

Dans le premier sens donc, le cash-flow c'est ce que gagne vraiment l'entreprise. 

Le bénéfice comptable est en effet un indicateur incomplet. C'est une référence pour le calcul de l'impôt et la fixation des dividendes. Le problème est qu'il ne renseigne pas sur la vraie rentabilité.

Pourquoi ?

Parce que le bénéfice comptable est calculé en tenant compte d'une fausse dépense, l'amortissement. L'amortissement est l'argent mis de côté pour être éventuellement dépensé plus tard pour racheter des machines.  

Voilà ce qu'est le cash-flow. Placer son étude au début d'un cours est démotivant car il n'est pas intuitif. Ceux que la curiosité pousse malgré tout peuvent regarder dès maintenant le chapitre sur le cash-flow.

 

 

structure du bilan

Les chiffres sont froids et ne "parlent" pas. Pour les représenter, nous allons utiliser aussi souvent que possible des symboles simples, des rectangles, dont la surface symbolisera les montants. Ce qui compte en effet dans un bilan, ce sont les valeurs relatives des postes.

 
 

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colonne de droite: le passif

 

Un élément est plus important que tous les autres, c'est le créditSans crédit, pas d'entreprise, pas de vie économique. Le crédit et la mise de départ des actionnaires, voilà les ressources utilisées par l'entreprise.

 

Notons que ce "crédit" représente l'ensemble des crédits dont bénéficie l'entreprise: le crédit bancaire (le crédit proprement dit et le découvert), les obligations émises par l'entreprise, qui sont une autre forme de crédit et le crédit consenti par les fournisseurs. Le crédit fournisseur et le découvert varient en permanence.

 

A noter qu'il y a une différence entre "découvert" et "crédit bancaire", même s'il s'agit dans les deux cas de crédits accordés par la banque. Par convention le "crédit bancaire" est supérieur à un an. C'est un crédit classique, remboursé sur une durée fixée d'avance. Le découvert est plus souple: son montant évolue chaque jour, il est parfois nul, ponctuellement. Il peut être révoqué à court terme par le banquier. Nous verrons au fil du cours l'intérêt de cette distinction.

 

L'argent des actionnaires - le capital - varie moins souvent. Une fois par an en fait, au gré  des décisions des actionnaires de laisser ou pas les bénéfices dans l'entreprise. S'il s'agit de pertes, celles-ci diminuent d'autant le capital.


La coutume veut qu'on place le capital en haut. On met en haut du bilan ce qui ne "bouge" pas beaucoup dans la durée. A gauche comme à droite.

 

colonne de gauche, l'actif

Voyons à présent ce que l'entreprise a fait des ressources qui lui ont été prêtées (crédit) ou qui lui ont été mises à disposition (capital). Ce qu'on appelle les emplois.

 

Le premier poste s'appelle "immobilisations" (en anglais assets) Il désigne l'immobilier dont l'entreprise aest propriétaire et  de façon plus générale les investissements lourds, les machines de productions, les véhicules, etc...

 

Le poste suivant désigne les stocks, stocks de produits finis prêts à la vente, ou de produits en cours de fabrication ou enfin matières premières.  

 

Viennent ensuite, après la vente, les factures émises et non réglées. C'est un poste important car les factures au comptant sont rares.

 

Par habitude, dans le monde entier, les entreprises B2B s'accordent entre elles des facilités de paiement. Ce n'est rien d'autre que du crédit. On l'appelle "crédit clients" ou encore "effets-à-recevoir" ou "clients". En anglais la terminologie la plus courante est accounts receivable ou receivables.

 

Il faut remarquer que ce crédit systématique des entreprises entre elles est une activité ... bancaire. Ce crédit qui peut aller jusqu'à 90 jours doit être géré de façon professionnelle, exactement comme le ferait une banque, avec rigueur et sens commercial. Beaucoup d'entreprises négligent cet aspect des choses et confient la gestion du poste "clients" à la comptabilité.

 

Il faut remarquer aussi que l'entreprise bénéficie du crédit de ses fournisseur. Les entreprises sont donc reliées entre elles par des chaines de crédits, crédit accordés et crédits reçus. C'est important sur le plan macro-économique: si un client est défaillant, cela peut entraîner l'incapacité pour l'entreprise de payer ses fournisseurs, d'où une réaction en chaîne, une forme de risque systémique. 

 

Les banquiers sont très attentifs à la manière dont les clients gèrent ce poste clients.

 

 

 

Il y a enfin la "caisse". On regroupe ici tout l'argent disponible immédiatement ou à très court terme (moins d'un an). Comme on l'a vu plus haut, c'est l'argent en  caisse proprement dite, le solde des comptes courants, les placements aisément négociables, comme les bons du trésor. On appelle aussi ce poste "trésorerie" ou "disponibilités".

 

Dans la vraie vie, pourrait-on dire, on ne fait pas un bilan chaque jour. Pour faire un "vrai" bilan une entreprise choisit une date convenue, et fait comme si elle s'arrêtait de vendre, d'acheter, de payer des salaires, de rembourser des crédits, etc...

 

Où l'entreprise en est-elle ?  Quels sont ses avoirs en caisse, combien reste-t-il à payer aux banques, quel est le stock d'invendus, le volume des factures encore non réglées, etc ...

 

C'est littéralement le cas dans toutes les entreprises, petites ou grandes. "Fermé pour cause d'inventaire". On imagine le travail nécessaire pour établir le bilan annuel d'une multinationale. L'un des exercices proposés dans le cours consiste à faire un bilan personnel. Bonne manière de percevoir l'ampleur de la tâche.

 

Le bilan exprime ce qu'a l'entreprise et ce qu'elle doit à un moment donné. Le compte d'exploitation montrera comment les revenu s'est constitué et quelles dépenses sont survenues.      

 

  

bilan d'une start-up 

 L'exemple choisi est celui de deux amis qui décident de créer une petite entreprise d'achats-vente d'ordinateurs d'occasion.


Il est recommandé de ne pas chercher à lire ce qui suit en une seule fois, mais de regarder d'abord attentivement ce qui se passe de l'étape 1 à l'étape 3 et, crayon en main, de refaire les schémas. Et d'attendre quelques jours avant de recommencer, en ajoutant une ou deux étapes supplémentaires. Comme indiqué en introduction, ce qui est enseigné ici est un langage. Un langage limité certes, mais un langage quand même, ce qui demande un certain apprentissage. 

 

Pour expliquer la construction du bilan nous allons prendre l'analogie de la commode:

 

 

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Cette commode comporte deux colonnes de tiroirs, une gauche et une droite. Les tiroirs de droite s'appellent, en ordre descendant, capital, crédit, dettes. Ceux de gauche sont appelés investissements, clients ("argent dû" par des tiers) et caisse.

 

Pour se rendre compte de l'intérêt de cette image et des tiroirs, prenons l'exemple de deux amis qui décident de créer une petite entreprise de travail graphique et d'achats-vente d'ordinateurs d'occasion.

 

 

00 b1.JPG  LES  ASSOCIÉS  VERSENT  LEUR  PART  DANS LA SOCIÉTÉ

 

Chacun met 1000 euros dans l'affaire, en liquide. Le tiroir "caisse" contient ce premier versement, soit 2000 euros. Plus tard, on va puiser dans cette caisse pour faire des achats, et, il faut l'espérer, encaisser des ventes.

 

Pour s'y retrouver, il faut bien noter quelque part le montant de la mise initiale des deux associés. C'est à cela que sert le tiroir "capital". Dedans il n'y a pas d'argent, mais deux papiers indiquant seulement qui a versé quoi initialement.

 

Le schéma symbolique ci-dessous représente l'état de la commode

 

(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

 

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Total colonne de gauche: 2000 euros  - colonne de droite:  2000 euros

 

 

Voilà, nous avons passé nos premières écritures ! 

 

00 b2.JPG  ACHAT  D'UN  ORDINATEUR  POUR LA  GESTION

 

Les deux amis achètent un premier ordinateur de 1500 euros. La caisse va baisser du même montant, mais l'entreprise possède à présent un ordinateur. Pour faire état de cette acquisition, on place la facture (payée) dans le tiroir supérieur gauche.

 

La nouvelle physionomie de la commode est donc comme suit: 

 

 

B2.JPG

 

Total colonne de gauche: 2000 euros - colonne de droite: 2000 euros

 

 
00 b3.JPG  DE  NOUVELLES RESSOURCES SONT  NÉCESSAIRES

 

Un ordinateur, c'est insuffisant. Par ailleurs il faut pouvoir acheter les ordinateurs d'occasion qui se présenteront. De nouvelles ressources sont nécessaires. Un ami de la famille est disposé à mettre 5 000 euros dans leur affaire.

 

Les deux amis réfléchissent: quel statut donner à cet ami, actionnaire ou prêteur ? S'il devient actionnaire, ses 5000 euros lui donneront la majorité et le pouvoir de décider seul ou presque. S'il prête les 5000 euros, il faudra commencer à le rembourser alors que l'entreprise n'aura peut-être pas fait de ventes. Ils décident donc une solution moyenne: un prêt de 3500 euros et l'achat d'une part de 1500 euros. 

 

Le versement global du nouveau partenaire, soit 5000 euros vient dans la caisse qui passe donc à 5500 euros. En ce qui concerne la colonne de droite, le tiroir capital augmente de 1500 euros, soit la part de Mr zzz. 

 

Un nouveau tiroir est créé, intitulé "crédit". On place dedans le contrat de prêt des 3500 euros, souscrit entre l'entreprise et le même M zzz.

 

Le bilan "commode" devient le suivant:

 

 

 

B3.JPG

 

 Total colonne de gauche: 7000 euros - colonne de droite: 7000 euros

 

 

 

Avant de poursuivre, une remarque. Ce qui se déroule sous vos yeux est une séquence de ce qui s'appelle la comptabilité en partie double. Pourquoi double ? Parce ce qu'un flux financier est toujours identifié par un point d'origine et un point d'aboutissement.

 

Je verse x euros en capital, donc je modifie le poste "capital". cet argent se retrouve en caisse, donc le contenu de "caisse" augmente. Et ainsi de suite.

L'avantage ? On voit tout de suite ce que l'entreprise DOIT, c'est la colonne de droite. Et ce qu'elle a fait de cet argent, son EMPLOI, est à gauche.

Comment faisait-on avant l'invention du bilan et de la comptabilité en partie double ? On écrivait tout à la suite. Date, opération, montant. Imaginez la fin du mois: cent, mille écritures qu'il fallait regrouper pour s'y retrouver.

 

 

 

suite...

 

 

 

 

En résumé,  le bilan est à chaque instant la photographie à l'instant t des avoirs et des dettes de l'entreprise. Il change donc au fur et à mesure des transactions.

 

Le bilan est une manière condensée de décrire les choses il ne dit pas tout. Difficile de savoir comment le bénéfice de 200 euros a été généré si l'on s'en tient au dernier bilan.

 

Deux bilans consécutifs ne disent pas tout ce qui s'est passé entre-temps, seulement l'impact global sur les comptes. Pour en avoir  le détail, il faudra regarder le compte d'exploitation.

 

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Le bilan est un formidable outil descriptif de l'activité des entreprises et des banques. Un coup d'oeil renseigne sur les forces et les points faibles. Un coup d'oeil ! 

On voit tout de suite ce qui différencie les entreprises, les banques. Les déséquilibres financiers, les problèmes de réglementation bancaire. On voit tout de suite ce que "fait" un hedge fund ou une société d'investissement. 

 

 

 

 

 

 

 

5-LA FRAGILITÉ BANCAIRE

Deux faits d'actualité, l'une actuelle, l'autre plus ancienne illustrent le problème de la fragilité des banques et par conséquent l'importance du contrôle par la banque centrale. Le premier concerne les banques chinoises, le second concerne les banques chypriotes. 

 

Ces deux extraits sont en relation directe avec ce qui précède. Le premier prolonge l'exposé sur les banques et la raison d'être du marché monétaire. Le second propose un nouveau regard sur le bilan, appliqué au bilan bancaire.

 

Dans les deux cas, les exposés fournis précédemment vous permettent de comprendre ces exemples d'actualité, appelés l'un et l'autre à se  répéter. N'hésitez-pas à les relire si nécessaire!

 

 

banques chinoises : risque de blocage du marché interbancaire

L'extrait présenté ci-dessous est relativement ancien puisqu'il date de 2013. La problématique évoquée ici est néanmoins toujours actuelle et resurgit périodiquement dans les médias. 

 

 

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La hausse des taux observée ici signifie que les banques rechignent à prêter à leurs collègues dans le besoin, sauf à demander une rémunération plus forte, c'est-à-dire un taux d'intérêt plus élevé.  Notons au passage le terme utilisé de "marché interbancaire", souvent confondu avec le marché monétaire. Stricto sensu, l'interbancaire est un compartiment du marché monétaire strictement réservé aux banques comme son nom l'indique.

 

interprétation de l'extrait du journal

 

Le manque de liquidités décrit une situation où le marché monétaire ne fonctionne plus; pour diverses raisons, les banques qui ont des excédents ne les prêtent plus à celles qui en ont besoin.

 

Cette situation découle d'une perte de confiance. Les banques qui pourraient prêter n'ont plus confiance dans la solvabilité de celles qui veulent emprunter. Ou alors, une événement macro-économique grave leur fait penser qu'il vaut mieux garder les excédents du moment car  elles pourraient en avoir besoin plus tard.

 

On comprend bien qu'une banque parfaitement saine pourrait être mise en difficulté si cette situation se prolongeait. Le premier devoir de la banque centrale est donc de corriger les déséquilibres et de substituer aux banques qui auraient pu prêter. C'est le but de l' intervention.

 

Dans le cas des banques chinoises, nous apprenons que la cause essentielle du non fonctionnement du marché monétaire est  la fragilité du système bancaire. C'est une manière élégante et conventionnelle de dire que de nombreuses banques, sinon toutes, ont accordés des prêts à des clients non solvables.

 

En clair, ces banques risquent d'engranger de lourdes pertes si les clients ne remboursent pas. Les banques, dès lors, se méfient entre elles, car chacune ignore ce que l'autre a comme mauvais crédits. Le marché interbancaire ne fonctionne plus.

 

Pour éviter la catastrophe, la banque centrale intervient en sauveur et  prête à celles qui en ont besoin.

 

Il faut noter que l'intervention de la banque centrale soigne les symptômes, mais pas les causes. On ne sait rien du volume de ces prêts douteux que détiennent les banques concernées. Selon des informations parues au début de l'année 2016, l'endettement global des banques vis-à-vis du secteur privé et du secteur public représenterait plusieurs fois le PIB chinois.

 

Peut-être que certaines de ces banques ont perdu l'équivalent de leur capital, et plus même. 

 

En l'absence d'information, sans une action drastique des autorités pour éliminer ces banques ou les recapitaliser, la situation ne peut que perdurer. Les banques chinoises continueront à se méfier les unes des autres et donc le marché interbancaire restera bloqué. 

 

Le problème posé aux autorités chinoises est que cette situation empêche les banques chinoises de se connecter à leurs consoeurs étrangères.

 

banques chypriotes: risque de ruée aux guichets

Le problème posé il y a quelques années aux banques de Chypre était semblable à celui des banques chinoises évoqué ci-dessus. Comme leurs homologues chinoises, les banques chypriotes avaient pris des risques inconsidérés. A la différence de ce qui se passe aujourd'hui en Chine, on a appris très vite quels étaient ces crédits risqués et surtout comment ils avaient été financés. 

  

le problème

 

Les banques chypriotes ont enregistré des pertes sur investissements supérieures à leurs fonds propres.

 

Traduction: tout l'argent des actionnaires a été perdu, et au delà. Au delà voulant dire qu'une partie de l'argent des déposants a été perdu aussi.

 

Ces banques avaient en effet investi massivement dans  la dette souveraine grecque, les obligations subprimes et l'immobilier spéculatif, trois domaines à haut risque. La conséquence la plus "visible" a été pour elles l'impossibilité de rembourser les déposants.

 

Ce n'était donc pas directement le problème de  l'Etat chypriote. Mais l'importance des sommes mises en jeu a contraint ce dernier à demander le secours de l'Europe.

 

trois schémas pour comprendre

 

Nul besoin d'une expertise comptable pour interpréter la représentation imagée qui suit, sous forme de bilan.

 

Les banques chypriotes disposaient des ressources "classiques" des banques : capital, emprunt obligataire, marché monétaire et dépôts de la clientèle.

 

Ces sommes figurent au passif. Ce qu'elles ont fait de ces ressources figure à l'actif (en rouge brique). Une petite partie subsiste en caisse pour assurer les besoins de retrait des clients. 

 

 

1- Quand tout allait bien a totalité des ressources, y compris l'argent des déposants a été investi. Des investissements à Chypre et surtout en dehors, car l'économie de l'île ne suffisait pas à absorber les énormes montants déposés, supérieurs au PNB chypriote.

 

Le schéma ci-dessous fait apparaître l'importance relative de ces dépôts, en comparant le bilan des banques chypriotes avec celui d'une grande banque "classique".

 

A noter que le crédit interbancaire (issu du marché monétaire décrit plus haut)  de la banque chypriote parait faible pour une raison simple, le volume énorme des crédits distribués et la relative petite taille du marché interbancaire local.



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d'où venaient ces dépôts, et qu'est-ce qui a en a été fait ?


Ces dépôts venaient de l'étranger - Russie en tête - du fait des conditions fiscales favorables et surtout du fait que les autorités chypriotes étaient peu regardantes sur l'origine des fonds. Les déposants étrangers étaient tout également motivés par les taux d'intérêts élevés qui leur étaient proposés.

 

L'argent des déposants était en effet  utilisé par les banques pour des placements lucratifs; achats de titres de dette grecque, achat d'obligations subprimes et achats de parts dans des programmes immobiliers en Espagne notamment. On sait ce qu'il est advenu de tous ces crédits à risques... 

 

 

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Ce que l'on voit ici n'était plus qu'un bilan apparent, car la vraie valeur des placements (subprimes, obligations grecques et immobilier) n'était plus qu'une fraction de leur valeur de départ. 

 

2- Après des investissements malheureux  cette vraie valeur des placements - l'actif dans le jargon bancaire - est devenue inférieure au passif (fonds propres et dépôts des clients). 

 

La situation réelle de la banque était la suivante:

 

 

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traitement de la crise

 

Les banques chypriotes étaient en situation d'insolvabilité. L'argent des déposants avait été perdu. 

L'examen du bilan ci-dessus montre que la valeur réelle des placements et des crédits opérés par la banque n'était plus qu'une fraction de la valeur d'origine, du fait des pertes encourues. La banque était alors en situation de faillite car incapable de rembourser ceux qui lui avaient fait confiance.

 

L'urgence était de protéger les déposants, pour éviter le bank run et la ruine des petits épargants chypriotes.

 

L'intransigeance des autorités européennes s'explique aisément.

 

Sauver les banques chypriotes revenait à utiliser l'argent des contribuables européens pour rembourser les déposants et surtout les déposants étrangers.

 

Un peu difficile à admettre, sachant que: 

- le "paradis fiscal" chypriote fait une concurrence déloyale aux banques européennes 

- la contribution de la France, entre autres, aurait dû être empruntée sur les marchés financiers

 

L'Europe avait donc le choix entre deux mauvaises solutions: sacrifier l'argent européen ou celui des déposants. On a finalement imposé aux "riches" déposants, c'est-à-dire aux déposants russes, le sacrifice partiel de leurs dépôts.

 

les fonds propres 

Ce dossier illustre les principes d'équilibre du bilan des banques. On comprend l'importance des fonds propres, objet des discussions de Bâle 3. 

 

Les fonds propres sont constitués du capital d'origine, diminué des pertes, majoré des bénéfices non distribués et d'éventuelles augmentations de capital. Les fonds propres évoluent  et sont recalculés en permanence.

Ils constituent le premier matelas de sécurité que le banquier inscrit en première ligne de son vade-mecum. Un airbag, pourrait-on dire, qui protège la banque et ses déposants (l'expression est du patron de la Société Générale), même lorsque tout va. Les fonds propres c'est l'argent des actionnaires, qui sont les premiers à pâtir des pertes.

Lorsque les pertes s'accumulent, les fonds propres passent en dessous du minimum requis. Ce minimum est actuellement 8% des engagements. En cas de gros problèmes, les fonds propres peuvent passer sous zéro. La banque est alors contrainte, pour augmenter ses fonds propres, de faire appel à ses actionnaires ou à en trouver de nouveaux, sous peine de sanctions.

Lorsque les pertes dépassent les fonds propres, ce qui est le cas des banques chypriotes, la banque est en faillite. Si la banque est importante, la faillite prend une dimension politique et les autorités sont contraintes d'intervenir car plus personne ne veut investir et la faillite peut poser un problème d'ordre public. L'argent public sert alors à rembourser les déposants.

Dans le cas de Chypre, le FMI et les autorités européennes ont choisi de ne pas les rembourser en totalité. Techniquement, la participation imposée aux déposants n'est pas un impôt, même si cela y ressemble. Les déposants deviennent des actionnaires forcés, à hauteur du sacrifice qui leur est demandé.

On a beaucoup parlé du problème des déposants parce que la particularité des banques chypriotes était en effet de se financer massivement à partir des dépôts, à la différence de la plupart des banques européennes, qui se financent plutôt sur les marchés financiers (obligations) et en crédit interbancaire. 

  

On comprend aussi pourquoi la BCE exige de contrôler les banques de la zone euro de manière à pouvoir agir préventivement. Un "petit" pays peut mettre en danger l'ensemble de la zone euro. 

 

Que le dossier chypriote ait été mal géré au plan de la communication est une autre affaire. Il semble qu'un peu de pédagogie aurait pu éviter les emballements populistes, les incitations au rejet de l'Europe ou le déferlement anti-germanique. A quand un ministère de la communication à Bruxelles ?....

 

autres exemples

 

Ces cas ne sont pas uniques. Le blocage des marchés interbancaires européens et asiatiques de 2008 est consécutif à la crise de méfiance engendrée par les subprimes. En 2016, ces marchés interbancaires n'avaient toujours pas retrouvé leur fluidité. 

  

 

 

 

 

 

6-COUP D'OEIL SUR LES MARCHÉS FINANCIERS
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Les marchés ont dans l'opinion publique une double aura de complexité et d'opacité. Moins régulés que les banques, mais régulés quand même, ils jouent en fait un rôle capital en recyclant l'épargne mondiale  dans l'économie.

Résumé 

Dans ce chapitre il est question des marchés financiers, c'est-à-dire de la bourse et du marché des obligations, qui sont les plus importants. Contrairement à une idée répandue, ces marchés ne sont pas déconnectés de l'économie. Ils sont en fait  indispensables à l'économie réelle. En effet, ils ne sont pas en "concurrence" avec les banques, mais complémentaires de ces dernières, soumises à de nombreuses limitations quant au volume et au type de risques qu'elles peuvent prendre.  

 

Par ailleurs, on ne peut pas parler de non-régulation. Les marchés boursiers sont en fait étroitement contrôlés au niveau national: l'AMF en France ou la SEC américaine exercent scrupuleusement leur rôle de "gendarmes". En ce qui concerne les autres marchés, on peut parler d'une auto-régulation.  

 

Une réalité s'impose: c'est grâce à la formidable vitalité des marchés américains que des entreprises comme les GAFA (Google, Amazone, Facebook ou Apple), et bien d'autres, ont pu se développer.  Ce n'est pas sans raison que discrètement, mais fermement, la BCE essaie de renforcer les marchés financiers en Europe. La titrisation, passerelle entre les banques et les marchés, est déjà en route!

 

 

 qui sont les marchés? 

Au sens général, les marchés désignent des lieux de rencontre d'acheteurs et de vendeurs. Il y a des marchés de biens, de produits consommables, de matières premières. Certains sont concentrés et localisés, à l’image des marchés de légumes ou du marché des matières premières de Chicago. D’autres sont disséminés, comme les marchés immobiliers, eux-mêmes subdivisés en marchés d’immobilier résidentiel et d’immobilier de bureaux.


Les marchés financiers sont des lieux – plus virtuels que réels– où s’échangent des « biens » financiers. Le plus connu de ces lieux est la bourse, où les biens échangés sont des actions.  

 

Depuis quelques années déjà, la Bourse de Paris n’est plus localisée dans le fameux Palais Brongniart. Paradoxalement, elle est plus connue depuis qu’elle est devenue virtuelle, car elle est à présent accessible à tous. 

Grâce à internet, chacun peut disposer chez soi d’une véritable« fenêtre » sur les bourses du monde entier. 

Aujourd’hui seules quelques bourses ont gardé une apparence physique. 

C'est le cas de la Bourse de New York, appelée le NYSE (New York Stock Exchange). Mais il faut savoir que le « gros » des échanges s’effectue de manière invisible sur des ordinateurs.


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Il existe autant de marchés financiers qu’il existe de produits financiers. En dehors de la bourse, le deuxième marché le plus connu est le marché des obligations, ou marché obligataire. 

 

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 qu'est-ce qu'un titre

 

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 Un prêt, dans sa forme classique a le grand inconvénient d'être difficilement transférable d'un prêteur à l'autre. Exprimé sous forme d'un titre, appelé alors obligation, il devient au contraire très souple d'usage, sans pour autant changer le point de vue de l'emprunteur. L'action est une autre forme de titre qui présente des avantages surprenants.

 La meilleure introduction à la notion de titre consiste à de partir de la notion de prêt. Une notion qui fait pour ainsi dire partie de la vie courante, qu’il s’agisse de prêt immobilier, de prêt d’études ou de prêt pour l’acquisition d’un bien important, voiture ou autre.

 

Prenons l’exemple d’un prêt direct entre personnes, comme cela existe souvent, un prêt entre amis.

 

Imaginons un particulier héritant de cinquante mille euros, une somme dont il n’a pas l’emploi immédiat, et qu’il n’hésite pas à prêter à un très vieil  ami qui lui en fait la demande. Les deux amis conviennent d’un prêt remboursable en totalité à l’issue d’une période de cinq ans et porteur d’intérêts intermédiaires. Ils s’entendent pour garder une trace écrite de leur accord et rédigent un document ressemblant en tous points à un contrat de prêt. 

Les choses se passent bien, les intérêts sont payés aux échéances convenues. Mais  la troisième année, le prêteur découvre qu’il aurait bien besoin de ses cinquante mille euros car il doit faire face à une dépense imprévue. Impossible, moralement, de demander le remboursement anticipé du prêt à son ami, qui d’ailleurs ne le pourrait pas. Le prêteur n’a d’autre ressource que de s’adresser à son banquier.

 

C’est précisément pour faire face à ce genre de situation qu’une autre manière de faire les choses a été conçue. Plutôt qu’un contrat de prêt liant le prêteur et l’emprunteur, il aurait été plus simple d’établir un document signé par l’emprunteur et lui seul, précisant son engagement à payer au porteur cinquante mille euros à une date du futur et des intérêts sur cette somme. Quelque chose comme une reconnaissance de dette, mais sans mention de bénéficiaire.

 

Le prêteur aurait alors tout simplement « acheté » ce papier. L’avantage ? Le papier en question serait devenu immédiatement cessible. En d’autres termes, le prêteur aurait pu le revendre à tout moment, au bout de trois ans dans ce cas, sans aucune formalité. A condition bien-sûr de trouver un acheteur, c’est-à-dire quelqu’un disposé à prêter cinquante mille euros remboursable deux ans plus tard, et produisant l’intérêt fixé à l’origine. Difficile ? Peut-être, sauf si on imagine que les taux d’intérêts ont baissé sur la période écoulée, auquel cas le « placement » sur deux ans au taux d’origine devient avantageux. .

 

Le papier cessible qu’auraient pu imaginer nos deux amis est l’ancêtre de ce qu’on appelle aujourd’hui - pour les entreprises et les États - une Obligation.

 

Le succès des obligations est phénoménal: il y a dans le monde énormément d’entreprises et d’États qui ont besoin d’argent. Et il y a en face énormément d’autres entreprises, d’États et d’institutions qui ont de l’argent disponible. Cette demande et cette offre se rencontrent chaque jour sur un « marché » appelé marché obligataire.

 

Les prêteurs, du fait de leur nombre sont toujours sûrs de pourvoir revendre les obligations achetées, avec, en prime, la possibilité de faire un bénéfice.Cette souplesse considérable explique l’immense succès de cette forme de prêt. Les volumes quotidiens avoisinent les milliers

de milliards d’Euros! Comme beaucoup d’inventions financières, celle-ci repose sur une observation de bon sens : un prêteur sera d’autant plus disposé à prêter qu’il sait qu’il n’est pas lié à l’emprunteur, et qu’il peut récupérer sa mise à tout moment sans gêner l’emprunteur.

 

Mais il y a mieux encore !

 

Ce mieux c’est l’emprunt qui n’est jamais remboursé par l’emprunteur, et que pourtant le prêteur peut néanmoins récupérer à tout moment.

 

Ce miracle, c’est la bourse ! Voyons cela. Une entreprise qui a besoin d’argent pour financer un investissement – recruter ou acheter des machines – a le choix entre trois solutions : elle peut souscrire un crédit bancaire, émettre des obligations ou aller en bourse. Un crédit bancaire doit être impérativement remboursé. Une émission obligataire aussi …. sauf qu’il y a un moyen de l’éviter !

 

Par exemple en émettant, le jour du remboursement, de nouvelles obligations pour le même montant que celles qui sont arrivées à échéances. L’argent « frais » ainsi obtenu permet le remboursement des obligations précédentes. L’opération est neutre pour l’entreprise. Un emprunteur bien connu le fait chaque semaine, ou presque ! Cet emprunteur c’est …l’État français.

 

Pour les actions c’est beaucoup plus simple. Les actions émises ne sont jamais remboursées … par l’entreprise. Sauf cas exceptionnel, lorsqu’une entreprise est dissoute, ce qui n’arrive jamais ou presque, ou, cas très rare aussi, lorsque l’entreprise rembourse pour partie les actionnaires.  En fait ce sont les actionnaires qui décident.

 

Mais comment ceux qui achètent des actions acceptent-ils de n’être jamais remboursés ?  La réponse est : ils savent qu’ils ne seront jamais remboursés par l’entreprise, mais ils pourront revendre leurs actions à tout moment sur le marché, c’est-à-dire en bourse. Avec là-aussi, comme pour les obligations l’espoir de gagner plus, mais aussi de perdre.

 

 

Voilà tout simplement exposé le principe du marché. Avec en prime, l’explication du mécanisme de la titrisation ! En effet transformer un crédit classique en titre cessible, en jargon, s’appelle titriser ce crédit.

Tout ceci mérite naturellement des explications complémentaires, mais la route est tracée, pourrait-on dire.  Et loin d’être déconnectés des entreprises, les marchés en expliquent au contraire le formidable essor.
 

 

 

 

 

 

 

 

la France emprunte sur les marchés

Pour bien comprendre l'utilité et le fonctionnement des marchés, partons d'une réalité que chacun connait, l'endettement de la France. La traduction concrète de cet endettement est simple: chaque semaine, un service spécialisé de l'Etat emprunte entre 5 et 10 milliards d'euros. Ces emprunts sont matérialisés par des obligations au porteur.


à qui empruntons-nous ?
ceux qui prêtent à la France le font à travers des marchés. Ils pourraient le faire directement, on verra pourquoi ils préfèrent passer par des marchés.

 

Qui sont ces prêteurs qui achètent les obligations émises par le Trésor français? Toutes les institutions de France et d'ailleurs qui ont durablement ou épisodiquement de l'argent à placer. Institutions privées ou publiques, on les appelle des investisseurs. Ces investisseurs pourraient placer cet argent dans les banques, certaines de ces institutions le font aussi. C'est une affaire de préférence. Beaucoup préfèrent faire des placements en bourse, acheter des obligations, prendre des participations dans des entreprises. Ou simplement confier leur argent à des organismes spécialisés qui feront des placements en leur nom.  On trouve ainsi des compagnies d'assurances, des fonds de pension, des Etats souverains détenteurs d'excédents, des fonds de placement, etc ...

 

 

 

LES INVESTISSEURS

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Ordre de grandeur  L'endettement global de la France est d'environ 2 000 milliards d'euros, ce qui représente à peu près le PIB français. On est loin, très loin des capacités des investisseurs. Des banques d'affaires spécialisées dans la création de support d'investissement sophistiqués estiment à 70 000 milliards d'euros les sommes d'argent disponibles. Ce montant n'inclut pas le volume quotidien qui circule sur le marché des changes ou les volumes échangés sur le marché des matières premières...

 

 

pourquoi passer par les marchés ?

Le marché présente des avantages considérables, pour celui qui prête comme pour celui qui emprunte. Le principal avantage est lié au nombre de participants.


1- L'emprunteur est sûr ou presque qu'à tout moment quelqu'un sera intéressé et disposé à lui prêter. 
 

 

"L'emprunt français de la semaine dernière a été sur-souscrit."

Ce titre apparaît régulièrement dans la presse. Il signifie tout simplement que ce jour-là,les investisseurs étaient prêts à prêter plus que ce que la France demandait.

 

 

2- Le prêteur est également sûr de trouver quelqu'un disposé à lui reprendre le prêt qu'il a consenti quelque temps auparavant. 

 

"Le marché de la dette française est liquide."

Ce commentaire exprime le fait que la dette française circule facilement. Les emprunts français sont émis par l'Etat sous forme d'obligations, lesquelles peuvent être achetées puis revendues indéfiniment. Cette caractéristique donne de la souplesse aux investisseurs.

 

 

 3- Les marchés n'ont pas de limites. Il faut savoir qu'une banque ne peut pas prêter plus de 12.5 fois ses fonds propres. Cette limite résulte des fameux accords de Bâle. Les marchés permettent à n'importe quel investisseur d'acheter autant d'obligations du trésor français qu'ils le souhaitent. La seule limite est celle qu'eux-mêmes se fixent en fonction de la qualité de l'emprunteur "France". La mesure la plus courante de cette qualité est la fameuse notation de Standard & Poor, Moody ou Ficht.

 

 

fixer les prix

Tous ces marchés ont des points en commun. Tous remplissent une fonction capitale, qui est leur capacité à déterminer un prix..... ou un taux d'intérêt (le "prix" de l'argent).

 

Il en est ainsi de l'ensemble des marchés. Sur leurs marchés respectifs, le prix du m2 d’un appartement à Lyon, c’est tant. Le cours de l’action Apple, c’est tant. Le pétrole vaut tant. La dette espagnole à cinq ans vaut 4%.

 

Cette notion de prix est presque philosophique, en ce sens qu’un prix n’a pas d’existence durable et pourtant tout le monde s’y réfère. Un prix est le résultat de la rencontre d’une offre et d’une demande. Il est unique et éphémère. Il résulte d’un accord entre deux subjectivités. « C’est cher mais j’en ai besoin, je l’achète » ou « ce prix ne me convient pas, je ne vends pas, j’attends une offre à un prix supérieur ». Notre vision est faussée car la vie courante offre plutôt une vision de prix fixes. Les objets de tous les jours ont « un » prix. Et les différences de prix d’un même objet d’un endroit à l’autre nous paraissent le fait du marchand et non pas celui de l’acheteur. Et pourtant !

 

C’est toujours le couple « acheteur-vendeur » qui détermine le prix. Ce qui ne se voit pas pour les produits de masse apparaît clairement lors d’achats plus importants, comme l’immobilier. 

 

 

 

 

Le cours des actions en Bourse dépend de ce rapport entre acheteurs et vendeurs. Ce qui est intéressant à analyser est la naissance des courants acheteurs ou vendeurs. La manière dont ils sont crées, le rôle de l'économie, des indicateurs des entreprises, le rôle des outils proprement financiers.

Dans le cas des obligations, les choses sont légèrement différentes. L'offre et la demande sont déterminantes pour la fixation du cours mais le taux d'intérêt joue également un rôle, ainsi que le moment où ce cours est fixé. Une obligation c'est pour l'émetteur l' "obligation" de payer des intérêts annuels ou semestriels (les coupons) et le capital emprunté (le principal) à la fin. Les montants dûs par l'émetteur ne varient pas dans le temps.

En revanche, le prix de revente d'une obligation avant son terme est différent du prix initial en fonction des paiements déjà reçus par le vendeur et du taux d'intérêt le jour où cette revente a lieu. 

Les trois facteurs, durée restante, taux d'intérêt et offre-demande se combinent pour déterminer le prix d'une obligation à l'instant t.

  

 

 

marchés financiers et banques 

point de vue de l'entreprise.


Prenons l'exemple d'une entreprise qui a besoin de financer un important investissement. Elle recherche des financements "longs", de cinq à dix ans ou plus. On suppose que l'actionnaire n'est pas sollicité pour une augmentation de capital, ce qui serait une manière de résoudre le problème. 
Deux possibilités s'offrent à elle, le recours à la banque ou le recours au marché financier. 


Le recours à la banque c'est le crédit. Dans cette hypothèse, le prêteur c'est la banque. Celle-ci va probablement emprunter elle-même ce qu'elle re-prêtera, mais c'est elle la banque, qui est en risque. Le critère, c'est qui prend le risque. Pour couvrir ce risque, elle va s'entourer de garanties. Un crédit est une construction juridique lourde et complexe.

Le recours au marché offre plusieurs possibilités techniques - disons pour simplifier, actions ou obligations. Celui qui prend le risque, c'est l'investisseur. L'entreprise n'a pas à fournir de garantie, disons formelle, comme une hypothèque sur un bien immobilier ou une caution de tiers. Elle se doit en revanche d'avoir un profil impeccable, de respecter les règles de transparence et d'obtenir une notation. La notation, établie par un organisme spécialisé, renseigne les investisseurs sur la qualité de l'emprunteur, c'est-à-dire son niveau de risque.

 

 

 

 

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Les deux formules ont leurs avantages et leurs inconvénients. Disons que le plus sûr pour l'entreprise est de recourir à l'emprunt obligataire. De cette manière elle préserve sa capacité d'emprunt auprès de sa ou de ses banques. La prudence commande en effet de pouvoir emprunter en cas de coup dur, pour supporter le choc d'un événement imprévu, comme la faillite d'un gros client qui devait d'importants montants.

 

 

 

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L'inconvénient majeur est lié aux contraintes de l'emprunt obligataire, comme par exemple la nécessité d'une notation auprès d'une agence spécialisée. Ce processus impose le maximum de transparence des comptes.  C'est en effet cette notation qui renseigne l'investisseur sur la qualité du risque qu'il va prendre en achetant des obligations.

 

point de vue macro-économique

 

Le système bancaire est insuffisant pour couvrir les besoins de financement de l'économie.

 

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Comme on peut le voir, la contribution des marchés est de 70% aux Etats-Unis. La proportion est inverse en Europe, soit 70% pour les banques et 30% pour les marchés.

 

limites du système bancaire

 

L'insuffisance du système bancaire tient à deux éléments:

 

Sur le plan quantitatif, les banques sont limitées par leurs fonds propres. Pour ne pas mettre en danger les dépôts de la clientèle, elles ne peuvent pas prêter plus qu'un multiple de ces fonds propres.

 

Sur le plan qualitatif, les banques sont limitées dans la natures des risques qu'elles prennent. Elles ne peuvent pas financer des start-up, par exemple, pour la même raison que précédemment, ne pas mettre en danger les dépôts de la clientèle.

 

L'importance relative du financement par les marchés aux États-Unis s'explique simplement par le nombre et le dynamisme des entreprises américaines.

 

 

  
régulation des marchés

le problème

La média et les "politiques" répètent sans cesse que la régulation est nécessaire.... et constatent aussitôt que son application est difficile, car elle fait l'objet de vents contraires.

 

D'un côté, les crises financières et bancaires ont montré l'urgence et la nécessité de la régulation. Mais de l'autre côté, la régulation doit être mondiale si elle se veut efficace. Or l'accord entre Etats est difficile à réaliser car tous n'ont pas la même conception du degré de régulation.

 

La règle de base est le contrôle des activités financières qui concernent le grand public. C'est le cas de la banque et dans une certaine mesure de la bourse. Il faut savoir que la régulation nationale dans ces deux domaines existe depuis longtemps.

 

Pour les banques, la régulation au niveau international résulte des accords de Bâle. Ces accords sont informels en ce sens qu'ils ne relèvent pas de l'autorité des États mais de la volonté des banques.

 

Les marchés les plus importants, comme la bourse et le marché obligataire sont soumis à des réglementations contraignantes au plan national.

 

Pour les autres marchés, il y a une forme d'auto-régulation, qui ne relève pas de l'autorité des États. Il y a aussi il est vrai des marchés peu visibles, rassemblés sous le terme de shadow-banking, et que les États voudraient bien contrôler.

 

la régulation un voeu pieu ? 

La régulation mondiale des marchés financiers demandera  plus de temps, car il faudrait harmoniser les philosophies divergentes du monde anglo-saxon - notamment américain - et du monde européen. 

 

Les choses se compliquent encore si l'on considère qu'il existe deux types de marchés financiers: les marchés structurés, visibles, et les marchés dits "de gré à gré", qui le sont moins.

 

Les marchés de gré à gré s'appellent en anglais les OTC, abbréviation de over the counter, une expression imagée dit bien ce dont il s'agit: "par dessus le guichet". Le plus célèbre de ces marchés OTC est celui des CDS, les Credit Default Swaps, dont il est question dans le modules SUBPRIMES et SHADOW BANKING.

 

La question est vraiment philosophique: réguler oui, mais jusqu'où ?  Où est la "juste" frontière entre la protection de l'intérêt commun et la liberté créatrice.....  Et surtout, comment créer un accord mondial ?

 

 

crise des subprimes: un diagnostic incomplet

 

Un autre point de vue est le suivant: le besoin de régulation des marchés a été certainement mal engagé.

 

C'est en effet la crise des subprimes qui a poussé le monde politique a s'emparer du sujet. Cette crise est en effet à l'origine de la crise financière puis de la crise économique qui a lourdement pesé sur l'activité des pays développés.

 

Une erreur de diagnostic semble toutefois avoir été commise. La crise des subprimes n'est pas due à l'absence de régulation mondiale des marchés, mais à l'attitude du gouvernement américain, plus exactement du Ministère du Logement qui a laissé le flou se maintenir quant à la garantie fédérale couvrant ces crédits subprimes. Le jour où le monde financier a réalisé que le gouvernement ne couvrait plus ces  crédits, la panique s'est emparée des détenteurs d'obligations composées à partir de crédits subprimes.  Le doute a été plus fort que tout.  

 

 

Ce dossier des subprimes illustre plusieurs points importants. L'inventivité des banques d'affaires américaines tout d'abord, auxquelles les États-Unis doivent tout de même le formidable dynamisme de leurs entreprises. Mais surtout la non-compréhension des mécanismes réels de la crise par la plupart des décideurs politiques. 

 

En Europe, il est bien possible que la dimension politique du sujet l'ait emporté sur l'approfondissement "technique" des choses.  il était important pour les États de montrer qu'ils  prenaient les choses en main, et ils l'ont fait en désignant les coupables: les banques.  C'est ainsi que le fer de la régulation s'est porté sur les banques en général et sur les assureurs, dont on a en quelque sorte "coupé les ailes".

 

De nouvelles contraintes de fonds propres ont été imposées à l'ensemble des banques .... au détriment de leurs capacités de crédit. La séparation des activités banque d'affaires et banque de crédit, un thème récurrent et une mesure complexe à appliquer, fait l'objet d'âpres discussions entre le secteur bancaire et le législateurs de chaque côté de l'Atlantique.

 

Et en Europe, il est intéressant d'observer que la BCE utilise toutes sortes de moyens pour permettre aux banques de maintenir leur capacité de prêter à l'économie, alors que la nouvelle régulation produit l'effet inverse. 

 

A noter que le dossier "SUBPRIMES", qui présente un immense intérêt pédagogique, est exposé en fin de cours car son analyse demande l'assimilation de plusieurs notions intermédiaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TESTEZ-VOUS

Quizz: vrai ou faux

a-   Les banques accordent des crédits à hauteur des dépôts des clients, sans plus.

 

b-   Les marchés sont une alternative au crédit bancaire pour financer les entreprises.

 

c-   Les banques ne pourraient pas fonctionner sans la banque centrale

 

d-   Les banques peuvent poser un problème d'ordre public.

 

e-   Tant qu'un client n'a pas payé, l'entreprise ne fait pas de bénéfice.

 

f-    Les banques chinoises paient de plus en plus cher pour se refinancer.

 

g-   Les fonds propres comprennent le capital et les bénéfices non distribués.

 

h-   La facture d'un fournisseur est inscrite au passif du bilan.

 

i-    Le poste "clients" contient le total des factures non encore réglées.

 

j-    Le poste caisse du bilan contient uniquement le cash de l'entreprise.

 

k-   Les banques chypriotes ont perdu l'argent des actionnaires et des clients.

 

 

 

 

Exercice

Nous vous proposons d'établir un, ou plus exactement deux bilans personnels, l'un en date d'aujourd'hui, l'autre il y a un an. C'est un exercice strictement confidentiel dont le seul but est de vous faire "entrer" dans cette question de bilan.

 

Dans le cours N°2, nous vous proposerons une solution à partir de chiffres imaginaires. Vous pourrez alors corriger ou reprendre certaines de vos hypothèses. 

 

L'exercice consiste à lister ses "actifs" donc tout ce que l'on possède, depuis l'argent liquide jusqu'à la voiture, son logement si l'on en est propriétaire, en passant par les soldes des comptes bancaires. De même, le "passif" concerne tout ce que l'on doit et qui est identifié. Endettement proprement dit, dépenses enregistrées et non débitées, crédits en cours, impôts à payer, etc...

Survient une question cruciale, comment déterminer  le capital ? Ce poste peut être calculé par différence entre ce que l'on possède et ce que l'on doit. On l'appellera plutôt "valeur nette". Cette valeur nette peut être positive ou négative.

 

Notez bien toutes les questions qui vous viennent à l'esprit. Interrogez-vous sur la valeur à donner à un bien immobilier ou à une voiture. Comment inscrire un héritage espéré, un possible redressement d'impôt, etc ... Comment traiter un prêt fait à une connaissance? Tous ces points sont la base de la problématique comptable.

 

Nous vous conseillons de faire cet exercice sur tableur, EXCEL ou NUMBERS de manière à visualiser le bilan et simplifier les calculs.

 

 

 

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Toutes les réponses sont dans le cours N°2. Si vous le pouvez, soumettez le quizz à l'une de vos connaissances, et expliquez-lui  vos réponses. C'est le meilleur des tests ... pour vous !

 

 

 

 

 

APERÇU  DES COURS SUIVANTS

 

 

 COURS N°2
CORRIGÉ  DU  QUIZZ  DU COURS N°1
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LE BILAN FACILE  (suite)

Fonds propres et bas de bilan: calculs, utilité

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COMMENT LES BANQUES PRÊTENT

Comité des risques, modèle économique des banques 

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LA BOURSE

Mécanismes de base, intérêts ou dividendes

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ACTUALITE: L'AVENIR DE L'EURO

Dévaluation ou retour aux devises nationales

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EXERCICE  ET  QUIZZ 

Construire et suivre en bourse un @-portefeuille

 

 

 

 

SUITE:  VOIR LE PROGRAMME

 

 

 

  

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04/11/2014