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Finance économie pour les nuls - MAJ 2022

insead

 

 



UNE  CHRONIQUE

dans CAPITAL 

(le 24 octobre 2021)

 

 

   

Diplôme MBA : le modèle INSEAD

 

Fait peu souligné en France, l’Insead de Fontainebleau – Institut Européen d’Administration des Affaires - a pris en 2021 la première place  du classement mondial des MBAs établi par le Financial Times, devant la London Business School, classée seconde, …  et HEC classée 7ème

 

Un tel classement, comme celui de Shanghai d’ailleurs,  vaut ce que valent ses critères, toujours discutables, mais au-delà de la notion de compétition très présente dans l’esprit des jeunes diplômés - et celui de leurs parents - il faut voir ce qui différencie vraiment  l’Insead de ses homologues en France et ailleurs.

 

Cette différence est d’abord dans le mode de sélection des élèves lequel, contrairement à ce qui se passe le plus souvent en France, n’est pas lié à un cursus préparatoire et à un concours.  Un diplôme universitaire antérieur ou une préparation particulière ne sont ni nécessaires ni suffisants pour être admis à l’Insead. Ce qui compte avant tout est l’expérience professionnelle du candidat - plusieurs années sont requises - et la formulation d’un projet personnel. Les examinateurs regardent alors avec la plus grande attention la cohérence entre ces deux volets de chaque candidature.

 

 

Une sélection à partir de la personnalité

 

 

Comme dans les business schools américaines – l’Insead a été créé par trois Français sur le modèle Harvard – l’autre élément clé de l’admission est le score au fameux GMAT, un test des aptitudes « quantitatives » et « verbales ». Ce test utilisé dans le monde entier mesure l’aptitude au raisonnement déductif et la maitrise des mots. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’anglais n’est pas un obstacle pour les candidats français, au contraire, car le vocabulaire anglais sophistiqué utilise des mots d’origine française d’un usage plus courant dans la langue française.

 

Sur ces deux points, la différence avec le modèle français est frappante. Les Grandes Écoles françaises font en effet abstraction de la personnalité et du passé créatif des candidats, et par ailleurs, les concours d’admission ne testent que les aptitudes intellectuelles abstraites, du raisonnement mathématique pour les unes à la capacité de mémorisation pour les autres.

 

 

Le mélange des cultures

 

 

Une autre différence tout aussi décisive concerne la manière d’apprendre. L’élément-clé de la pédagogie à l’Insead est le travail en groupe, systématique. Les fameux cas d’entreprise, deux par jour en moyenne d’une cinquantaine de pages chacun, sont d’abord étudiés individuellement en fin d’après-midi, puis discutés en groupes de cinq ou six jusqu’à tard dans la soirée. Le lendemain-même, la discussion est alors élargie, en amphi, sous la conduite du professeur concerné.

 

La force du système Insead est dans le « mix » des profils des étudiants dans les groupes de base. La diversité des parcours antérieurs – diplômes variés, création de start-ups, engagements humanitaires - et des cultures – plusieurs dizaines de pays d’origine – font découvrir à chaque élève la relativité et la complémentarité des certitudes face aux situations réelles du monde de l’entreprise.

 

 

Un modèle égalitaire

 

 

Ce modèle d’enseignement présente une particularité qui peut surprendre venant d’une institution de haut niveau orientée vers le « business », son accessibilité étendue. Le modèle français prévoit en effet une « fenêtre » d’admission rigide sur le plan de l’âge et l’obligation quasi-générale de passer par une « prépa ». Après 20 ans, les jeux sont faits ou presque en France, tandis que l’admission à l’Insead est possible pour les trentenaires et plus. Cette disposition permet la « récupération » des candidats français qui n’ont pas fait les « bons » choix au « bon » moment ou qui ont le sentiment au contraire de s’être trompés dans leurs choix antérieurs. A ceux-là l’Insead offre une formation de très haut niveau, un label reconnu dans le monde entier et l’accès à de très nombreux réseaux.

 

Et tout cela en moins d’un an, à comparer avec les trois années dans les Écoles françaises. Il faut noter que les emprunts souscrits pour le financement des frais d’études à l’Insead – la scolarité est de cent mille euros – sont aisément remboursés du fait du bond salarial considérable réalisé par les nouveaux diplômés.

 

Il y a certainement dans le modèle Insead des éléments à considérer pour l’évolution  du système français des Grandes Écoles, que pénalisent une rigidité et un entre-soi excessif. Un système finalement inégalitaire car susceptible de créer des plafonds de verre infranchissables et durables entre diplômés et non-diplômés dans les entreprises et dans les administrations.  

 

  

Alain Lemasson

Auteur de « Comprendre l’Économie et la Finance » - 3ème Edition

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24/10/2021