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Numérique et Finance

 

 



UNE  CHRONIQUE

dans CAPITAL

(publiée le 25 septembre 2022)

 

   

Numérique et finance, menaces ou espoirs  

 

La méfiance à l’égard du numérique et de la finance résulte d’une difficulté à comprendre ce que ces sujets représentent réellement alors que leur emprise dans la vie de tous les jours ne cesse de croître.  C’est ainsi que de la numérisation bientôt complète de la vie administrative à l’idée angoissante d’une dette souveraine incontrôlable, les motifs d’inquiétude se multiplient.

 

En l’absence d’une pédagogie adéquate et de l’explication patiente du réel, l’opinion se nourrit d’images négatives et d’un besoin de protection collective. Les gafam et les marchés financiers ont pris l’image d’ennemis dangereux qui doivent être asservis, alors que parallèlement l’idée d’un repli souverain fait son chemin. Pour beaucoup il semble clair en effet que l’Europe a failli dans sa mission et ne parvient pas à éloigner ce qu’ils considèrent comme des menaces.

 

Pourtant, comment ne pas voir en contrepoint l’immense contribution du numérique et de la finance au mieux-être de l’humanité ?

 

Nous devons ainsi au numérique l’émergence de passerelles de communication et d’information planétaires, inimaginables il y a quelques années seulement, et accessibles à tous. Le parallèle avec l’avènement de l’automobile s’impose puisque celle-ci a permis le rapprochement de millions de personnes et le désenclavement de territoires autrefois isolés. Un parallèle qui ne s’arrête pas là, car à ses débuts, l’automobile a fait l’objet d’oppositions multiples et d’argumentations irrationnelles qui prêtent aujourd’hui à sourire.

 

Le numérique, une révolution égalitaire

 

Le numérique va plus loin, beaucoup plus loin qu’un simple système de communication et de transport des connaissances. Le numérique, la combinaison d’internet et des téléphones portables ont permis un phénomène de grande ampleur, l’inversion du chemin d’accès au savoir.

 

Avant le numérique, accéder au savoir signifiait l’obligation d’un déplacement physique. Pour accéder au savoir, pour se cultiver ou apprendre, il fallait se rendre au musée, dans les bibliothèques, dans les théâtres, dans les lieux d’enseignement ou de conférences, un parcours réservé à une minorité.

 

Grâce au numérique, le chemin s’est inversé, le savoir, la culture, la musique et leur enseignement se déplacent chez l’utilisateur, où qu’il soit ou presque.

 

On peut parler à cet égard d’une véritable révolution, celle de la démocratisation du savoir. Une contribution considérable à la réduction des inégalités puisque pour une dépense minime, chacun peut accéder à internet : un sujet de réflexion philosophique et politique ignoré à ce jour.

 

La finance, moteur de la créativité

 

L’impact de la finance est tout aussi réel dans son rôle de multiplicateur de la créativité entrepreneuriale. Le formidable développement de l’économie des années 2000 a été rendu possible par l’apport immédiat aux fondateurs d’entreprises de sommes considérables, non remboursables, que les investisseurs étaient prêts à risquer et à perdre.

 

L’élément nouveau est le capital risque – en anglais venture capital - qui a permis le financement des startups, un secteur considéré comme trop risqué pour accéder au crédit bancaire ou au financement par l’introduction en bourse. L’irrigation financière de ces micro-entreprises en développement a été organisée par les moteurs puissants que sont les banques d’affaires et les fonds d’investissement spécialisés, sans oublier le rôle d’accompagnateur des États, à l’image de la BPI en France.

 

Nul besoin de compétences particulières pour comprendre cette évolution radicale de la finance moderne et le rôle essentiel du capital-risque, cet argent non remboursable d’origine privée qui vient aux entrepreneurs débutants, fortunés ou non, et sans lequel les gafam n’auraient pas vu le jour.

 

Une éducation indispensable

 

Le numérique et la finance présentent certes des aspects négatifs, que le temps permettra de résoudre. Il ne faut pas se tromper de priorités, ces domaines sont incontournables, notamment au regard de leur enjeu géopolitique. Leur limitation entrainerait l’affaiblissement dangereux de l’Europe face aux Etats-Unis et à la Chine.

 

Ne pas réagir, laisser croître les perceptions irrationnelles de la finance et du numérique, serait courir un risque extrême.  L’idée d’une action éducative à cet égard devient dès lors d’une criante actualité. Il appartient au corps des enseignants de toutes matières, philosophie, histoire, économie, lettres … de se saisir de cette passionnante mission de formation. Eux seuls sont à même de faire naitre le renouveau d’enthousiasme, la vague positive dont notre pays a besoin.

 

Alain Lemasson 

Ancien banquier – Président d’INFOFI2000

 

 

 

 voir la chronique sur le site de Capital (clic sur l'image)

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25/09/2022