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L’explication

 

 

De semaine en semaine, la France emprunte à taux négatifs. Une bonne affaire pour l’État, qui gagne en empruntant, mais a contrario une interrogation à propos de ceux qui perdent en prêtant.

 

On peut penser que les banques européennes font partie de ceux-là. De tout temps, leurs disponibilités - c’est-à-dire les sommes qui ne sont pas investies ou prêtées - sont obligatoirement déposées dans leurs comptes auprès de la BCE. Or depuis quelques années, cette dernière pénalise ces dépôts avec un taux d’intérêt négatif. La comparaison des taux montre qu’en prêtant à la France, les banques perdent un peu moins qu’en laissant leurs avoirs auprès de la BCE.

 

L’explication conduit toutefois à s’interroger sur ces disponibilités. D’un mois à l’autre en effet, la France a besoin d’une trentaine de milliards d’euros, ce qui n’est pas rien, même en considérant qu’une partie de ces emprunts est placée en dehors de l’espace européen. Les crédits à l’économie ont baissé en Europe il est vrai, laissant aux banques des disponibilités, mais le compte n’y est pas.

 

La réponse se trouve dans une autre mesure de la BCE, la titrisation, composante-clé du quantitative easing. Du point de vue des banques, la titrisation c’est la vente à la BCE d’une partie des crédits en portefeuille. Le produit de la vente est versé sur leur compte, … où il subit un taux d’intérêt négatif.

 

Une nouvelle interrogation surgit alors. Pourquoi les banques acceptent-elles les offres de titrisation de la BCE, puisque finalement l’opération a un coût ? L’incitation vient tout simplement du bilan global de la titrisation. Si les banques supportent effectivement un taux d’intérêt négatif pour leurs dépôts auprès de la BCE ou l’achat d’obligations françaises, elles gagnent plus, beaucoup plus, dans la vente des crédits titrisés.

 

Cette vente génère en effet une marge proportionnelle à la différence entre le taux d’intérêt des crédits vendus et le taux proposé par la BCE, inférieur au précédent. Le facteur durée décuple la marge globale. Pour fixer les idées, si la BCE propose de titriser au taux de 1 % des crédits (ou des obligations) au taux facial de 4% sur dix ans, la banque touche  115% de la valeur des crédits dans ses comptes ! Une plus-value de 15% donc, immédiate et en cash.

 

Il faut bien voir que cette opération ne coûte rien à la BCE, au contraire. Dans cet exemple, elle va gagner 1% d’intérêts au titre des crédits qu’elle a rachetés et dont, par ailleurs, les conditions ne changent pas pour les emprunteurs d’origine.

 

C’est surtout l’ensemble du dispositif qui est vertueux, doublement vertueux même. D’un côté la BCE lutte contre la déflation par la création monétaire, et de l’autre elle permet aux banques de reconstituer leurs fonds propres grâce aux profits réalisés. Cerise sur le gâteau, celles-ci sont incitées à acheter les obligations des Etats européens en difficulté, puisqu’elles peuvent les revendre avec profit. Tant que le dispositif perdure, naturellement. La BCE en est seule à décider, d’autant que confirmation lui a été donnée de l’orthodoxie du dispositif au regard des accords de Maastricht. L’institution mérite tous les honneurs.

 

 

 

Sans avoir peut-être tout compris de ce qui précède, vous avez certainement retenu l'essentiel : les taux négatifs sont le résultat d'une politique délibérée de la part de la BCE, la Banque Centrale Européenne.

 

Chemin faisant, des sujets "techniques" ont été abordés, la titrisation, les fonds propres le quantitative easing ... des sujets qui n'ont rien de compliqué en soi, mais qu'il faut connaître pour mieux comprendre.

 

Nous vous suggérons d'en faire l'expérience.

 

Donnez-vous un quart d'heure-vingt minutes pour consulter les modules indiqués ci-dessous, dans l'ordre indiqué. En commençant, oui, par la titrisation !

 

Relisez ensuite ce qui précède. 

 

Le résultat vous étonnera ... et encore plus si vous recommencez l'expérience à quelques jours d'intervalle !

 

 

 

 

titrisation
banque et banque centrale
quantitative easing

 

 

Et pour aller plus loin encore, il faudrait ajouter aux sujets qui précèdent la compréhension de la philosophie du bilan, un outil formidable parce que c'est la clé pour aborder de nouveaux territoires: fonds propres, ratios, contrôle des banques, analyse des forces et faiblesses des entreprises, ....

 

.... mais là, il faut un peu plus de temps, disons une ou deux semaines, selon son rythme. Pour vous convaincre, cliquez sur l'onglet "bilan facile" dans la colonne de droite.

 

L'étape ultime, c'est de souscrire au cours en ligne. Tous les sujets sont ordonnés de manière cohérente et progressive. Avec des tests et des quizz pour le contrôle par soi-même de sa progression. Et en prime, le plaisir de comprendre peu à peu l'actualité, l'économie, ce quii se passe dans l'entreprise, le monde de la finance ... 

 

 

 

 

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1er cours

(extrait)

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03/07/2016